VIDEO. A Saint-Martin, Emmanuel Macron prend de court son service de sécurité et tente de répondre à une population en colère

Les habitants du quartier lui ont fait part de leurs expériences, mais surtout de leurs récriminations concernant une reconstruction jugée trop lente, près d'un an après le passage de l'ouragan Irma sur les Antilles.

Emmanuel Macron et la ministre des Outre-mer, Annick Girardin (à droite), samedi 29 septembre 2018 à Quartier d\'Orléans à Saint-Martin.
Emmanuel Macron et la ministre des Outre-mer, Annick Girardin (à droite), samedi 29 septembre 2018 à Quartier d'Orléans à Saint-Martin. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les pieds dans la boue et la chemise trempée par la pluie, Emmanuel Macron s'est offert, samedi 29 septembre, un surprenant bain de foule à Saint-Martin, au contact d'une population souvent impatiente et en colère, un an après le passage de l'ouragan Irma.

A Quartier d'Orléans, l'un des plus pauvres de Saint-Martin, où les HLM foisonnent, les toitures encore arrachées, le chef de l'État voulait aller au contact : pendant cinq heures et parfois sous une pluie torrentielle, il a discuté avec la population, serré des mains, embrassé les enfants, fait des selfies et a rendu visite à quatre familles en HLM, perturbant quelque peu son service d'ordre.

Echange avec un braqueur sorti de prison

Pendant une averse tropicale violente, Emmanuel Macron a même complètement faussé compagnie à ses services de sécurité et aux ministres qui l'accompagnaient, rapporte Le Figaro. Durant quelques instants, tous étaient bien incapables de savoir où le président se trouvait, explique le journal.

Il s'est ainsi invité chez un jeune homme, récemment sorti de prison pour braquage, et l'a enjoint à trouver du travail "pour faire les travaux et reconstruire. (...) Il ne faut pas rester comme ça, faire des bêtises. Les braquages c'est fini, ta mère mérite mieux que ça", lui a-t-il lancé.

"Je vais re-bousculer les choses"

Les habitants du quartier lui ont fait part de leurs expériences, mais surtout de leurs récriminations concernant une reconstruction jugée trop lente et une collectivité défaillante après le passage de l'ouragan qui a fait 11 morts l'année passée.

L'occasion pour le chef de l'État de roder une réponse répétée des dizaines de fois : "L'État a fait plus que ses compétences pour Saint-Martin. On a mis 500 millions. Mais je ne peux pas fouler aux pieds le choix institutionnel des Saint-Martinois", a-t-il dit, faisant référence à cette collectivité qui jouit d'une gande autonomie.