Rationnement, coupures de gaz ou d'électricité : quels sont les scénarios examinés lors du Conseil de défense énergétique ?

Emmanuel Macron réunit les ministres concernés par la crise énergétique, vendredi à l'Elysée. Après avoir appelé à la sobriété, aux efforts de chacun, le gouvernement passe à la vitesse supérieure face aux risques de coupure d'électricité ou de gaz.

Article rédigé par
Paul Barcelonne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le président de la République Emmanuel Macron préside un premier Conseil de défense énergétique à l'Elysée. Photo prise à Paris le 1er septembre 2022 (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Signe de la gravité de la situation, ou en tout cas de la volonté de l’exécutif de la dramatiser : Emmanuel Macron applique le modèle du Conseil de défense à la crise énergétique, pour la toute première fois. Pas question de réunir les ministres au PC Jupiter, dans le buncker de l'Elysée, mais graphiques et courbes à l’appui, l’objectif est de faire le point sur les approvisionnements et l'état des stocks en gaz, en éléctricité. C'est "un enjeu vital pour le pays en vue de l'hiver", selon la présidence, dans un contexte de grande tension : depuis hier, le géant Russe Gazprom a arrêté ses livraisons au groupe Engie.

Tensions aussi du côté de l'électricité : seulement 24 des 56 réacteurs nucléaires d'EDF fonctionnent en ce moment. "Il faut que les Français le comprennent", clame un proche du président. Et pour cela, les symboles ont toute leur importance. Ce Conseil de défense, qui est amené à se réunir régulièrement et pourrait être suivi de points presse, est le point d’orgue d’une séquence commencée avec la petite phrase d’Emmanuel Macron sur "la fin de l’abondance", acquiesce un conseiller de l’exécutif.

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Discours anxiogène, ton martial et délibérations secrètes... "Comme avec le Covid-19 et la guerre en Ukraine, Macron se sublime pendant les crises", semble se réjouir un de ses soutiens. Ce qui fait surtout dire aux oppositions, que ce Conseil de défense relève plutôt de la crise d'autorité et du gadget politique. 

Quels scénarios ?

La France a normalement de quoi faire face à un hiver classique, mais la situation pourrait se compliquer en cas de pics de grand froid. Le mot d'ordre est donc de se préparer à tous les cas de figure, pour éviter le black-out, et ajuster en conséquence les décisions politiques.

Premier stade : ces appels répétés à la sobriété pour que chacun fasse un peu plus attention à bien couper le wifi et baisser le chauffage. Deuxième étape : au cas par cas, des coupures d'électricité pour les entreprises qui consomment le plus. Troisième type de décision : une baisse de tension généralisée à l'ensemble du réseau, avec des conséquences cette fois pour tout le monde. Wifi moins performant, lumière un peu plus faible et des téléphones portables qui mettraient un peu plus de temps à se récharger.

Enfin, dernier niveau : le rationnement. Formule utilisée par Elisabeth Borne, la Première ministre, devant le Medef. Pas de coupure de gaz pour les ménages, mais éventuellement des coupures d'électricité avec des quartiers plongés dans le noir pendant quelques heures.

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