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Les trois constats alarmants des experts du climat sur la planète

Dans un nouveau rapport, les membres du Giec soulignent que la Terre est déjà affectée par le réchauffement climatique. Et appellent à une action rapide. 

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La ville de Pékin (Chine) étouffée par la pollution est photographiée au coucher du soleil, le 20 septembre 2014. (BARRY HUANG / REUTERS)

La France a appelé à "une mobilisation universelle et immédiate". Et pour cause : le nouveau rapport du Groupement international d'experts sur le climat (Giec), qui servira de base aux chefs d'Etat en vue de la conférence sur le climat prévue en 2015 à Paris, a de quoi inquiéter. Dans ce document (PDF en anglais), publié dimanche 2 novembre, les experts sur le climat sont clairs : il reste peu de temps pour agir si l'on souhaite que le réchauffement climatique se limite à seulement 2°C supplémentaires.

Pour cela, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et disparaître à l'horizon 2100. Un réel défi devant l'ampleur du phénomène.

1Les effets du réchauffement sont déjà visibles

Pour le vice-président du Giec, cela ne fait pas de doute : "L'atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté." Les experts avancent des chiffres : entre 1901 et 2010, le niveau moyen des océans s'est ainsi élevé de 19 cm. En Arctique, une région qui se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète, la surface de la banquise a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie entre 1979 et 2012.

Les impacts du réchauffement sont même déjà visibles sur tous les continents. Les scientifiques notent ainsi des précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs, une répartition modifiée des espèces marines et terrestres ainsi que des vagues de chaleur plus fréquentes en Europe, en Asie et en Australie. Enfin, les rendements agricoles sont également en baisse dans la majeure partie du monde.

2Les concentrations de gaz à effet de serre décollent

C'est une donnée qui laisse pantois. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ont atteint les niveaux les plus élevées depuis 800 000 ans, soulignent les experts du climat dans leur rapport. Entre 1750 et 2011, les émissions cumulées de CO2 ont atteint 2 040 gigatonnes . La marque de l'homme et de la révolution industrielle ne fait guère de doute puisque la moitié des émissions ont eu lieu au cours des 40 dernières années.

Pour les scientifiques, le rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre aura des impacts "graves, étendus et irréversibles". La température moyenne à la surface de la planète a même déjà gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, soit dans un laps de temps défiant l'entendement.

3Le pire des scénarios pourrait se réaliser

Si le réchauffement se poursuit, les conséquences seront plus lourdes en terme de sécurité alimentaire, de disponibilité en eau potable, de risques d'inondations et de tempêtes. Le Giec prévoit aussi une hausse des déplacements de population et des conflits pour l'accès aux ressources.

Les hommes ne seront pas les seuls à souffrir. Les océans devraient eux se réchauffer et s'acidifier. Les scientifiques pointent aussi un risque accru d'extinctions d'espèces... D'après le Giec, l'élévation du niveau des mers va se poursuivre à un rythme encore plus effréné et pourrait monter de 26 cm à 82 cm, en fonction des émissions, entre la période 1986-2005 et la fin du XXIe siècle.

Comme si cela ne suffisait pas, le Giec, qui planche sur quatre scénarios, estime que si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète connaîtra alors l'hypothèse la plus dramatique. Dans ce cas, les températures à la fin du XXIe siècle augmenteraient de 3,7 à 4,8°C par rapport aux années situées entre 1850 et 1900. Avec toutes les conséquences qui iront avec.

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