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Les experts sur le climat appellent à agir en urgence contre le réchauffement climatique

Réuni à Copenhague, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) a publié une évaluation démontrant qu'il est possible de réduire les émissions de CO2 sans porter atteinte à la croissance.

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Un ours polaire se déplace sur la banquise, dans la région du Nunavut au Canada. (JIM BRANDENBURG / MINDEN PICTURES)

Il est possible d'agir vite pour réduire les émissions de CO2, sans pour autant compromettre la croissance. C'est en substance le message des experts sur le climat, réunis à Copenhague dimanche 2 novembre. Ils ont publié une évaluation mondiale dont le message est clair : il y a urgence face à l'ampleur du réchauffement. Ceux qui contestent la science du climat mettent en danger "nos enfants et petits-enfants", a déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

La communauté internationale s'est fixée comme objectif de maintenir la hausse globale des températures sous le seuil de 2°C, afin de limiter les impacts du changement climatique déjà à l'oeuvre et dont la vitesse est inédite. Pour garder le cap des 2°C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d'azote) doivent être réduites de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et disparaître totalement d'ici 2100, estiment les experts du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

Des efforts qui ne porteraient pas atteinte à la croissance

Pour parvenir à cet objectif, il faut se détourner massivement des énergies fossiles, d'améliorer fortement l'efficacité énergétique, de limiter la déforestation, etc, et d'investir pour cela des centaines de milliards de dollars d'ici à 2030. Pour autant, ce tournant énergétique ne compromettrait pas la croissance mondiale, mettent en avant les experts (climatologues, économistes, océanographes, etc).

Des efforts "ambitieux" de réduction de gaz à effet de serre feraient baisser de 0,06 point le taux annuel de la croissance mondiale, estimé entre 1,6 et 3% au cours du 21e siècle, avancent-ils. Cette estimation ne prend pas en compte les bénéfices économiques liés à l'atténuation du changement climatique (infrastructures, agriculture, pêche, santé, etc.). Youba Sokona, vice-président du Giec, souligne que "plus nous attendons pour agir, plus ce sera coûteux".

Des conséquences "graves, étendus et irréversibles"

S'il n'était pas "contrôlé", le changement climatique aurait des impacts "graves, étendus et irréversibles", indique le Giec. La température moyenne à la surface de la planète a déjà gagné 0,85°C entre 1880 et 2012, une vitesse inédite. Celle à la surface des océans a augmenté de 0,11°C par décennie entre 1971 et 2010. Le niveau moyen des océans s'est lui élevé entre 1901 et 2010 de 19 cm.Dans la région de l'Arctique, qui se réchauffe plus rapidement que la moyenne de la planète, la surface de la banquise a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie entre 1979 et 2012.

Les impacts sont déjà visibles sur tous les continents : précipitations accrues dans certaines zones et en baisse ailleurs, répartition modifiée des espèces marines et terrestres, rendements agricoles globalement en baisse, vagues de chaleur plus fréquentes en Europe, Asie, Australie.

Le réchauffement se poursuivant, le Giec prévient, qu'à l'avenir, les conséquences seront plus lourdes en terme de sécurité alimentaire, de disponibilité en eau potable, de risques d'inondations et de tempêtes, avec une hausse probable des déplacements de population et de conflits pour l'accès aux ressources.

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