Fermer les écoles pour cause de canicule, c'est "très simple", s'agace un syndicat : "Il faut un thermomètre, mesurer la température de la classe et évacuer"

Le syndicat enseignant SNUipp-FSU pointe un manque d'équipements pour protéger les enfants de la chaleur. Et estime qu'il ne faut "pas hésiter" à fermer des écoles, sans "réunir le ban et l'arrière-ban". 

Une cour d\'école (illustration).
Une cour d'école (illustration). (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

La porte-parole du principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, regrette que la majorité des écoles ne soient pas assez bien équipées pour garder les enfants au frais en cette période de canicule. "La question du droit de retrait va se poser", affirme mardi 25 juin Francette Popineau sur franceinfo, alors que 53 départements français sont en vigilance orange pour canicule.

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franceinfo : Est-ce possible de maintenir toutes les salles de classes des écoles maternelles et primaires au frais ?

Francette Popineau : C’est impossible malheureusement, parce que la plupart des salles de classe ne sont pas équipées ni de volets ni de stores suffisamment isolants, il y a aussi les cours d’école qui ne sont pas suffisamment ombragées, c’est-à-dire que les précautions qui sont demandées par le ministère et qui sont évidemment des précautions sages, ne sont la plupart du temps pas applicables aujourd’hui dans les classes. Il faut qu’on ait des réponses concrètes : à partir de quelle température doit-on libérer la classe pour préserver la santé des enfants ?

Faut-il fermer toutes les écoles ?

Il faut observer au cas par cas bien sûr, mais en tout cas il ne faut pas hésiter à le faire. Lundi, on entendait le ministre Jean-Michel Blanquer qui disait qu’il faut l’avis du maire, du recteur, etc. Je pense qu’il ne faut pas appeler le ban et l’arrière-ban. C’est très simple, il faut un thermomètre, il faut vérifier la température de la classe et puis il suffit que le maire, qui connaît très bien les locaux, et l’enseignant de la classe alertent l’inspecteur et il faut évacuer les enfants. À un moment donné, si on n’a pas un lieu pour mettre les enfants au frais, il faut évidemment préserver la santé des enfants, c’est l’essentiel. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à fermer. Les enseignants d’ailleurs n’hésiteront pas parce qu’ils ont à cœur de protéger leurs élèves, donc ils prendront les mesures nécessaires. Mais il ne faut pas se contenter de ça. On en est encore, comme en 2007, à des hésitations, à ne pas savoi... Dans les années à venir, malheureusement, les effets climatiques seront là, donc il faut évidemment équiper un minimum les classes de ventilateurs, de rideaux isolants. Il faut aussi penser à l’avenir à aménager les horaires des cours ainsi que des salariés. C’est le minimum qu’on puisse faire pendant les périodes de canicule. Et puis après, sur le long terme, il faudra un cahier des charges sur les constructions.

Les enseignants vont-ils exercer leur droit de retrait ?

Oui, puisqu’il s’agit de réagir à un danger imminent. Les enseignants le feront valoir. Au SNUipp-FSU, on a beaucoup d’appels de collègues qui nous demandent s’ils peuvent faire valoir leur droit de retrait quand ils pensent que leur santé et celle des élèves sont mises en cause, et ils ont raison de le faire. Mais pour l’instant, nous n’avons pas de cas avéré. Il faut impérativement que nous ayons des réponses concrètes et qu’effectivement les enfants ne soient pas mis en danger.