"Je n'ai ni stores, ni volets, ni ventilateurs" : la canicule inquiète les profs de Seine-Saint-Denis

Les enseignants critiquent les consignes ministérielles, qu'ils jugent décalées par rapport à la réalité des établissements scolaires.

Une pharmacie pendant la canicule de 2018 (illustration).
Une pharmacie pendant la canicule de 2018 (illustration). (PHOTO MAXIME JEGAT / MAXPPP)

La chaleur s'est installée lundi 24 juin sur toute une partie du centre et de l'est de la France, qui va affronter cette semaine une canicule d'une précocité inédite. Météo France a placé 53 départements en vigilance orange à la canicule, le brevet a été reporté, et l'inquiétude monte dans les établissements scolaires qui ne sont pas, pour la plupart, adaptés aux fortes chaleurs.

Des consignes inadaptées

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation a envoyé à tous les directeurs des consignes à tenir face à cette chaleur exceptionnelle. Mais ces recommandations ne rassurent pas Christine*, professeure des écoles en Seine-Saint-Denis. Les consignes invitent, entre autres, à "vérifier la fonctionnalité ou l'installation des stores et/ou volets". Mais cela pose problème : "Moi, je n'ai jamais eu de store dans ma classe, assure l'enseignante. J'espère que j'en aurais un jour, mais je ne suis pas sûre que cela arrive."

Même difficulté quand le ministère de l'Éducation conseille de "fermer les volets et les rideaux des façades les plus exposées au soleil". "J'espère que la mairie va penser à nous apporter un drap géant pour nous recouvrir, ironise Christine. Moi je veux bien garder les enfants dans une ambiance fraîche. Mais je n'ai ni stores, ni volets, ni ventilateurs donc je ne sais pas comment faire."

Ce n'est que de la débrouilleChristine, enseignanteà franceinfo

En Seine-Saint-Denis, beaucoup d'enseignants comme Christine dénoncent le fossé entre les consignes ministérielles et la réalité des établissements scolaires, pour certains très mal isolés, avec d'immenses baies vitrées et des cours de récréation en plein soleil. "Moi je suis très inquiet, explique Karim Bachar, directeur d'école et représentant en Seine-Saint-Denis du SNUIPP. Je n'ai jamais connu la canicule en période scolaire au-delà de deux journées de suite. Je suis favorable à ce que les écoles soient fermées pour le bien de tout le monde. Les conditions d'accueil ne sont pas suffisamment bonnes pour garantir la sécurité des élèves et des agents."

Des fermetures envisagées au cas par cas

Le ministre de l'Éducation a déclaré lundi que des fermetures seront possibles, mais uniquement "au cas par cas", si le chef d'établissement et les collectivités locales en font la demande. Mais cette option ne fait pas l'unanimité. Nassera, mère d'un enfant scolarisé en maternelle, estime que les élèves sont en sécurité à l'école. "Quand j'ai déposé mon fils, la maîtresse a distribué des verres d'eau, explique-t-elle. Dans la cour, elle arrose les enfants. Elle a pris une bouteille et les a rafraîchis. J'ai tout à fait confiance. Ils gèrent bien."

Le rectorat, lui, se dit extrêmement vigilant. Une veille permanente est activée cette semaine pour réagir au plus vite en cas de de situation critique.

* Le prénom a été modifié.