La menace domestique américaine numéro 1, "ce sont les mouvements d'extrême droite", estime le professeur David Morin

Aux États-Unis, la droite dite "dure" et le Trumpisme rassemblent de nombreux Américains. Mais est-ce que cette polarisation du pays est appelé à durer ? Le professeur à l'université de Sherbrooke (Canada), David Morin, est l'invité du 23h de franceinfo. 

Les observateurs et les médias se sont-ils trompés ou trop inquiétés quant à cette journée d'investiture du 20 janvier placée sous le signe de la sécurité un peu partout dans le pays ? "Depuis plusieurs mois, on voyait sur les réseaux sociaux et les sites spécialisés des appels à l'insurrection. C'est arrivé le 6 janvier dans des proportions assez inimaginables. Même si la menace était bien évaluée, les dispositifs de sécurité étaient insuffisants à Washington, donc le dispositif sans précédent avec 20 000 militaires de la garde nationale à Washington déployé était important. Cela a dû échauder un certain de groupes extrémistes de se présenter là", relève David Morin, professeur à l'université de Sherbrooke au Canada.

Recrudescence des mouvements d'extrême droite

Quelle menace représente ces groupes finalement aux États-Unis ? "On a depuis une dizaine d'années une recrudescence des mouvements d'extrême droite, qui avaient commencé de recruter sous Barack Obama. On a vu ces dernières années une augmentation des actes et des crimes haineux (…) il y a un consensus dans les sondages qui montrent que depuis dix ans, la menace domestique numéro 1, ce sont les mouvements d'extrême droite et anti-gouvernementaux. Des mouvements suprématistes sont ouvertement extrémistes et violents comme 'l'Atomwaffen Division', ce qui laisse peu de place à l'interopération", décrypte David Morin.

Une vingtaine de suprémacistes blancs se sont rassemblés à Washington, le 12 août 2018, un an après les incidents meurtriers de Charlottesville. 
Une vingtaine de suprémacistes blancs se sont rassemblés à Washington, le 12 août 2018, un an après les incidents meurtriers de Charlottesville.  (YASIN OZTURK / ANADOLU AGENCY / AFP)