Désinformation, radicalisation politique, ingérence électorale... Facebook fragilisé par de nouvelles révélations

Un analyste du réseau social a notamment révélé que 10% des contenus politiques visionnés par les utilisateurs américains après la dernière élection présidentielle étaient des messages assurant que le vote avait été truqué.

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France Télévisions
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Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerber, le 23 octobre 2019 lors de son audition par les parlementaires américains à Washington. (MAXPPP)

Pour Facebook, les ennuis volent en escadrille. Le plus important réseau social de la planète a été accusé, vendredi 22 octobre, de négligence dans sa manière de faire face à la radicalisation politique de nombreux utilisateurs, à l'ingérence électorale étrangère, ou encore dans sa gestion du flux de désinformation sur sa plateforme. Une série de nouvelles incriminations qui provient de documents de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, ainsi que du témoignage d'un ancien employé.

Franceinfo récapitule le contenu de ces trois nouvelles révélations qui viennent à nouveau ébranler l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg. Ce flot de polémiques ne devrait d'ailleurs pas se tarir : un consortium d'une dizaine d'organisations de presse, de CNN au Monde, s'apprête à publier des articles basés sur les documents de Frances Haugen, d'après le site spécialisé The Information (en anglais).

1Facebook a permis aux fausses nouvelles sur le scrutin présidentiel américain de prospérer

Basant leur travail sur des rapports internes transmis par Frances Haugen, des articles du New York Times, du Washington Post ou encore de la chaîne NBC ont d'abord pointé le rôle de Facebook dans la polarisation intense de la vie politique aux Etats-Unis.

Début novembre, quelques jours après le scrutin présidentiel américain, un analyste faisait par exemple savoir à ses collègues que 10% des contenus politiques visionnés par les utilisateurs américains de la plateforme étaient des messages assurant que le vote avait été truqué, d'après le New York Times.

Cette rumeur sans fondement, martelée par l'ex-président Donald Trump, a alimenté la colère de nombreux conservateurs et conspirationnistes, qui a culminé avec les émeutes du Capitole le 6 janvier. Des partisans du milliardaire républicain avaient ce jour-là envahi le Congrès américain pendant la certification de la victoire du démocrate Joe Biden. Cinq personnes ont trouvé la mort pendant ou peu après l'attaque.

Dans la foulée, Facebook, comme Twitter et les autres grandes plateformes, ont banni Donald Trump et les mouvements extrémistes impliqués dans les émeutes. Mais d'après les nouvelles révélations publiées vendredi, des employés du groupe californien estiment qu'il aurait pu mieux anticiper le problème.

2Un rapport commandé en 2019 alertait sur la polarisation des utilisateurs

Les articles publiés vendredi évoquent également un rapport intitulé "Le voyage de Carol vers QAnon". Carol Smith, une "mère conservatrice de Caroline du Nord", était un faux compte créé par un chercheur, payé par Facebook pour étudier le rôle de la plateforme dans la polarisation des utilisateurs. D'après ce chercheur, dès l'été 2019, Carol Smith était exposée par l'algorithme du réseau social à un "torrent de contenus extrêmes, conspirationnistes et choquants", dont des groupes de la mouvance QAnon.

Face à cette nouvelle vague de critiques, Facebook a publié un communiqué rappelant ses investissements conséquents pour assainir ses plateformes et soutenir le processus démocratique. "Mais la responsabilité de l'insurrection revient à ceux qui ont enfreint la loi et à ceux qui les y ont incités", y déclare Guy Rosen, un vice-président du groupe chargé de l'intégrité civique.

3Un responsable avait raillé la polémique sur l'ingérence russe dans la campagne de 2016

Un nouveau lanceur d'alerte s'est par ailleurs manifesté, selon un article du Washington Post paru vendredi. Ex-membre de l'équipe d'intégrité civique, il a fait une déposition auprès de l'autorité boursière américaine (SEC) le 13 octobre, où il accuse Facebook de faire passer les profits avant les enjeux humains.

Dans ce document, l'ancien employé relate notamment des propos tenus en 2017, quand l'entreprise décidait de la meilleure façon de gérer la polémique liée à l'ingérence de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016, via sa plateforme.

"Ce sera un feu de paille. Des élus vont râler. Et d'ici quelques semaines, ils seront passés à autre chose. En attendant, on imprime de l'argent au sous-sol et tout va bien", aurait alors déclaré Tucker Bounds, un membre de l'équipe de communication de Facebook.

D'après le Washington Post, le deuxième lanceur d'alerte assure dans sa déposition que les managers de Facebook sapaient régulièrement les efforts de lutte contre la désinformation et les discours haineux par peur de mettre en colère Donald Trump et ses alliés, et pour ne pas risquer de perdre l'attention des utilisateurs, essentielle à ses profits.

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