#BalanceTonInfluenceur : quatre questions sur ce hashtag qui a émergé sur les réseaux sociaux

L'influenceur Amaru, qui compte quelque 928 000 abonnés sur Twitch et environ 525 000 sur YouTube, est notamment visé par plusieurs témoignages.

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France Télévisions
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Les icônes de plusieurs réseaux sociaux sur l'écran d'un smartphone, le 30 septembre 2021. (ALI BALIKCI / ANADOLU AGENCY / AFP)

Quatre ans près le hashtag #BalanceTonYoutubeur, et après les récentes accusations de viol visant le vidéaste Léo Grasset, un nouveau mot-dièse a émergé sur les réseaux sociaux : #BalanceTonInfluenceur. Franceinfo revient sur la génèse de ce hashtag et les réactions qu'il a suscitées.

Quand ce nouveau hashtag est-il apparu ?

L'influenceur Maxime Skye, qui compte plus d'un million d'abonnés sur TikTok, est à l'origine de l'initiative, raconte Le Parisien. "L’heure est arrivée, ce soir toutes ces mauvaises personnes des réseaux sociaux vont être dénoncées", a-t-il écrit jeudi 30 juin sur Telegram, dans un canal qui compte un peu plus de 120 000 abonnés. Il a décidé de lancer cette démarche après avoir reçu des témoignages de victimes, explique-t-il.

Qui sont les personnes visées ?

L'influenceur Amaru, 24 ans, principalement connu sur Twitch et TikTok, est au cœur des accusations. Elias (son vrai prénom) a commencé à diffuser des vidéos sur Twitch en 2018 autour de jeux comme Fortnite, League of Legends et GTA V. Il y compte désormais quelque 928 000 abonnés et environ 525 000 sur YouTube.

Le 30 juin, une jeune femme (@pastaboxshawty) témoigne sur Twitter. Elle assure avoir contacté Amaru lorsqu'elle avait 15 ans, et qu'Amaru en avait "18 ou 19", afin de "réactiver" un ancien compte Twitter contenant des photos d'elle dénudée. Amaru aurait alors enregistré ces photos, destinées à son ancien petit ami, avant de les poster. "Il m'a demandé des détails sur mes relations charnelles avec mon ex", poursuit-elle, dénonçant une "incitation à la pédopornographie". L'accusatrice partage pour appuyer ses propos des captures d'écran de ce qu'elle présente comme des échanges avec Amaru. Depuis, la jeune femme a restreint l'accès à son compte. Sollicitée, elle n'a pas répondu à franceinfo.

Juste après ces premières accusations, le soir du 30 juin, une autre jeune femme, @purplebabi, a également partagé son récit accusant Amaru. Elle relate, via des captures écran de messages qu'elle aurait échangés avec lui, qu'elle avait 17 ans lorsque Amaru lui a écrit qu'il rêvait de "profiter" d'une femme "dans un état d'inconscience". "Bourrée, défoncée, endormie évanouie, attachée, peu importe", ajoute-t-il. "Elle n'est ni d'accord ni pas d'accord", précise encore le jeune homme.

Une autre jeune femme (@r0np1ch sur Twitter) a également témoigné. Elle affirme qu'Amaru était "conscient d'être confronté à une mineure sans y voir aucun soucis" et qu'il lui a écrit entre autres : "Ton âge, c'est pas mon problème. T'as qu'à pas être bonne."

D'autres influenceurs sont également mentionnés, comme Arthur Lombard (316 000 abonnés sur Instagram). Les jeunes femmes "racontent des histoires similaires : demandes de nudes, manipulation mentale, questions déplacées et drague envers des mineures", résume la radio Mouv'.

Que risquent-ils ?

Jusqu'à maintenant, aucune plainte n'a été déposée contre lui et les captures d'écran, brandies comme des preuves, n'ont pas encore pu être authentifiées. Mais le site officiel de l'administration française rappelle que la loi punit la "proposition sexuelle, quelle qu'en soit la teneur, faite par un majeur à un mineur de moins de 15 ans, via internet (sur un chat, un réseau social...)".

Idem pour la corruption de mineur, "qui consiste pour un adulte à imposer (éventuellement via internet) à un mineur, même de plus de 15 ans, des propos, des actes, des scènes ou des images pouvant le pousser à adopter une attitude ou un comportement sexuel dégradant" ou encore la "sextorsion, qui consiste à inciter un mineur à transmettre ou à diffuser des images ou vidéo dans lesquels il effectue des actes pornographiques".

Quelles sont les réactions ?

Des internautes ont fait part de leur stupeur et de leur déception en lisant ces accusations visant Amaru. D'autres sont montés au créneau pour prendre sa défense, affirmant que les accusatrices mentaient, que les captures d'écran étaient fausses. "Un petit message à tous les garçons qui viennent m’insulter en message privé, me traiter de pute et me souhaiter la mort : sachez que tout sera envoyé à la police", a prévenu @purplebai sur Twitter. "Aucun montage, c’est bien son compte donc arrêtez de me harceler en me traitant de menteuse", a également répondu @r0np1ch.

Contacté, Amaru n'a pas répondu aux questions de franceinfo et n'a pas réagi publiquement depuis les premières accusations le visant. Arthur Lombard, lui, s'est exprimé sur Twitter le 4 juillet : "Oui, j'ai déjà échangé des photos intimes", a-t-il concédé, avant de préciser aussitôt : "Non, je ne connaissais pas l'âge de la personne concernée."

"Jamais je n'ai contraint qui que ce soit à rien. Jamais je ne causerai volontairement du tort à quelqu'un, ni sur les réseaux, ni dans la vraie vie."

Arthur Lombard, influenceur

sur Twitter

Et d'avertir : "Gardez en tête que vous n'êtes pas toujours au courant du contexte d'un échange privé entre deux personnes. (...) Des captures d'écran de bouts de conversation ne suffisent pas à connaître toute la vérité. Particulièrement quand vous ne voyez que ce qui a été envoyé d'un côté."

Au lendemain du lancement du hashtag, le 1er juillet, Maxime Skye s'est félicité sur TikTok d'avoir "réussi à rétablir la vérité sur ces porcs d'influenceurs". "Je pense que vous n'avez plus besoin de moi maintenant, a-t-il écrit deux jours plus tard. Ce fut une aventure qu'on a partagée ensemble et j'espère que cela n'aura pas servi à rien et qu'on aura aidé des victimes et protégé de potentielles futures victimes."

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