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Le vrai du faux. #BalanceTonYoutubeur : Twitter s'enflamme, les fakes affluent

Le YouTubeur Squeezie dénonce des pratiques supposées de certains de ses confrères, sans les nommer. Un terrain propice aux fausses preuves. 

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Capture d\'écran du wompte de Squeezie, le 6 août 2018. 
Capture d'écran du wompte de Squeezie, le 6 août 2018.  (CAPTURE D'ÉCRAN)

Le YouTubeur Squeezie, poids lourd des réseaux sociaux, connu pour ses chroniques sur les jeux vidéo (11 millions de personnes suivent sa chaîne YouTube, plus de 5 millions son compte Twitter), envoie ce tweet, ce lundi, à 8h53. 

Squeezie avait déjà parlé de ce sujet, à la fin du mois de juin, dans une de ses vidéos. Le YouTubeur ne désigne personne en particulier, mais aborde donc ce sujet deux fois, en un mois et demi.

Après le message sur Twitter, un mot clé apparaît : #BalanceTonYoutubeur, sur le modèle de #Balancetonporc, qui dénonçait le harcèlement sexuel. Plus de 20.000 messages sur ce mot clé sur Twitter ce mardi. 

Norman pris pour cible par les internautes 

Norman, très connu lui aussi pour ses vidéos sur Youtube, devient la cible des internautes. On voit arriver sur le réseau social des captures d'écrans, supposées montrer des conversations, par téléphone, entre la star des ados et des fans mineurs.

Des messages... suggestifs, Norman demandant par exemple d'envoyer, par message privé, des photos dénudées ou de passer dans sa loge pour avoir des relations sexuelles.

Sauf qu'il est difficile de trouver un témoignage direct, ce ne sont très souvent que des captures d'écrans qui sont partagées, et puis en regardant de plus près, les montages sont évidents : la date, l'heure, le niveau de batterie ne changent pas mais les messages envoyés par Norman, eux changent. Et il est très facile, sur ordinateur, avec un montage, de faire dire ce qu'on veut au Youtubeur...

Des accusations graves

Nous ne cherchons pas à savoir ici qui dit la vérité mais nous décryptons la manière dont certains peuvent s'engouffrer dans une brèche, à partir d'une information incomplète (le message de Squeezie ne désigne personne), pour publier ensuite des faux documents (ces fameuses captures d'écran).

Squeezie, le Youtubeur, a d'ailleurs publié un second message, quelques heures après le premier.

Il ne faut donc pas aller trop vite. D'un côté, les accusations sont graves, de l'autre, le risque de la diffamation.

Des femmes tentent d'alerter sur ces pratiques de certains YouTubeurs

Une journaliste, Perrine Signoret, du site Mashable, a réussi à recueillir le témoignage d'une femme, qui explique qu'il y a 3 ou 4 ans, elle a surpris celui avec qui elle était à l'époque en couple, un vidéaste connu, en train d'échanger des messages avec une ado de 14 ans. Lui a 27 ans au moment des faits.

Il lui demande des photos dénudées, en sachant que la fan est mineure. La journaliste parle d'une omerta dans ce milieu très fermé, où "tout se sait".

Des témoignages comme celui-là, il y en aurait des dizaines mais peu de suites judiciaires, les victimes ayant peur, principalement, de la diffamation.

Rappelons qu'en France, aucun YouTubeur n'a encore été condamné pour ce genre de pratiques. Aux États-Unis, un célèbre YouTubeur, Austin Jones, a été jugé pour avoir demandé des photos dénudées à des mineures.

Capture d\'écran du wompte de Squeezie, le 6 août 2018. 
Capture d'écran du wompte de Squeezie, le 6 août 2018.  (CAPTURE D'ÉCRAN)