Pièces à conviction, France 3

VIDEO. Pièces à conviction. Combien coûte notre diplomatie ?

Dans un contexte de crise et d'austérité, quel est le coût réel de la représentation française à l'étranger ? Le Quai d'Orsay cultive le secret, mais il a exceptionnellement ouvert les portes de ses ambassades à Pékin et Abidjan pour "Pièces à conviction". Extrait d'une enquête dans les coulisses de notre diplomatie.

Pièces à conviction/France Télévisions

La France a le troisième réseau diplomatique au monde, avec 163 ambassades en 2014, derrière les Etats-Unis et la Chine. "Pièces à conviction" a enquêté sur les coulisses de notre diplomatie pour savoir comment le Quai d'Orsay dépense l'argent public.

Exceptionnellement, le ministère des Affaires étrangères a accepté d'ouvrir les portes de nos représentations en Chine et en Côte d'Ivoire. A Pékin, dans le quartier des affaires, la toute nouvelle ambassade française est un bâtiment flambant neuf. Inaugurée en 2011, elle symbolise la modernisation de notre diplomatie.  Avec 311 agents et un budget annuel de 20 millions d’euros, c’est la deuxième ambassade française après celle des Etats-Unis.

A Abidjan, "Pièces à conviction" nous fait découvrir les conditions de vie des expatriés de la diplomatie. Etienne Chapon, le premier conseiller de l'ambassade, a ouvert les portes de son logement de fonction. Une villa de 5 pièces où il reçoit fréquemment et qu'il paie 1 381 euros par mois. Les frais de scolarité de ses deux enfants sont pris en charge par l'Etat, qui lui verse presque 15 000 euros par an pour l'éducation de ses deux fils...

Le règne de l'opacité

En plus de leur salaire, les ambassadeurs et employés des représentations françaises touchent des primes nettes d'impôts. A quoi correspondent-elles ? Il est impossible de trouver les montants de ces indemnités dans les comptes publics du ministère des Affaires étrangères, mais Alexandra Jousset pour "Pièces à conviction", a réussi à se procurer des rapports confidentiels.

Faut-il réduire les effectifs du Quai d'Orsay ? Le ministère des Affaires étrangères peine à jouer le jeu de la transparence. La sénatrice UDI Nathalie Goulet se bat depuis six ans contre les nouveaux "ambassadeurs thématiques", ces hauts fonctionnaires qui ne sont affectés à aucun pays et qui coûtent cher à l'Etat. Sans succès :"Le mode de désignation est opaque, avec des rémunérations toujours aussi opaques", explique-t-elle.

Alors que l'Etat demande aux Français de se serrer la ceinture, enquête sur le coût réel de notre diplomatie.