Mayotte : le quotidien des habitants empoisonné par la crise de l’eau

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Mayotte : le quotidien des habitants empoisonné par la crise de l’eau
Mayotte : le quotidien des habitants empoisonné par la crise de l’eau Mayotte : le quotidien des habitants empoisonné par la crise de l’eau (FRANCE 2)
Article rédigé par France 2 - S. Soutane, O. Labalette, C. Castelliti
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Mayotte s’enfonce dans la crise de l’eau, mardi 17 octobre. Dans le département français, la pénurie est telle que l’eau courante n’est assurée qu’un jour sur trois, durant 18 heures. Seules 50 000 personnes, fragiles, bénéficient de bouteilles gratuites.

À la force des bras, tous les deux jours, le même rituel. À Mayotte, l’eau courante est coupée deux jours sur trois. Pour combler le manque, Irano Soufi vient au puit du village. "C’est obligé que l’on fasse ça. On n’a pas le choix", dit-il. Faute de mieux, il fait sa lessive sur le trottoir. "Je vois que l’État ne fait pas son travail. Il nous laisse abandonnés", déplore-t-il. Si l’eau des puits n’est pas potable, certains disent prendre le risque de la boire. C’est interdit par les autorités, mais ici, on ne croit plus aux promesses. 

"C’est scandaleux, on se croirait dans un pays du tiers-monde"

"Les personnes qui doivent le faire ne le font pas à notre place. C’est scandaleux, on se croirait dans un pays du tiers-monde", s’indigne Soilihi Ramadani Toumbou, porte-parole du collectif Vovous Acoua. La réponse de l’État ? Des distributions d’eau, une fois par semaine. Ce jour-là, ils sont des centaines à l’attendre. Tout le monde n’y a pas droit : un pack pour les enfants de moins de deux ans, deux pour les femmes enceintes et les plus de 65 ans. 

Entre coupures et rationnement, le manque d’eau dicte la vie des Mahorais. Une mère de quatre enfants, Natacha Abdou Hassani, dévoile son quotidien. Les autorités conseillent de faire bouillir l’eau du robinet avant de cuisiner. Natacha le fait également avant chaque douche. "Le pire de tout ça, l’eau n’est pas potable. Mon fils était malade, il avait des boutons. Quand je l’ai amené à l’hôpital, le docteur m’a dit que c’était à cause de l’eau. C’est comme si on était condamné. C’est du crime", dit-elle.

Dans le cabinet d’un médecin, une consultation sur dix est liée à l’eau. 

Parmi nos sources 

Agence Régionale de Santé

Centre Action Sociale de Mamoudzou

Préfecture de Mayotte

Association Vovous

Habitants de Mayotte

Dr. Mohammed Ahmed Abdou

Collectif Mayotte a soif

Liste non exhaustive 

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