Migrants à Calais : après 25 jours de grève de la faim, le prêtre arrête et se dit "combatif, tonique et tout de suite opérationnel" pour mener d'autres projets

Le prêtre Philippe Demeestère arrête sa grève de la faim pour se consacrer à d'autres projets d'aide aux migrants. 

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Radio France
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Philippe Demeestère, lors de son 16e jour de grève de la faim pour dénoncer le traitement des migrants à Calais, en l'église Saint-Pierre de Calais, le 27 octobre 2021.  (MATHIEU PATTIER / MAXPPP)

"Je suis combatif, tonique. Aujourd'hui, je rentre chez moi, et demain matin, je serai tout de suite opérationnel", a assuré jeudi 4 novembre sur franceinfo le prêtre Philippe Demeestère, qui a mis fin le même jour à une grève de la faim de 25 jours, pour dénoncer le traitement réservé aux migrants à Calais.

L'aumônier du Secours catholique, âgé de 72 ans, qui a perdu huit kilos durant sa grève de la faim, arrête ce jeûne pour se consacrer à d'autres projets d'aide aux migrants. "Je dois travailler à préparer un abri de nuit pour les personnes fragilisées parmi les exilées, au plus vite, avant les grands froids", détaille-t-il.

Les deux autres militants poursuivent leur grève de la faim

Le père Demeestère annonce également à franceinfo qu'à partir de la fin novembre, il ira "dormir dans les différents lieux de vie où les personnes exilées voudront bien l'accueillir", afin d'être "présent quand les policiers viennent les déloger, le matin". Il invitera d'autres personnes à venir avec lui, afin, explique-t-il, de montrer que les personnes exilées "font partie de notre horizon, sont des êtres de chair et que ce ne sont pas des identités de papier qui vont nous séparer d'eux".

Philippe Demeestère insiste sur le fait qu'il n'aurait pas arrêté sa grève de la faim si Anaïs Vogel et Ludovic Holbein, deux militants associatifs, ne l'avaient pas rejoint et ne poursuivaient pas tous les deux ce mouvement de grève. "Je peux me retirer parce qu'ils sont là, c'est en plein accord avec eux", assure-t-il. "J'exerce cette dimension de radicalité" autrement. 

"Il s'agit de jouer sur différentes cordes, pour manifester, et montrer qu'on ne lâchera pas le morceau."

Philippe Demeestère, aumonier du Secours catholique

à franceinfo

Le prêtre justifie la poursuite de ces actions par le "caractère inadmissible de ce qu'il se passe [à Calais]". Il raconte à franceinfo une opération de police menée dans la nuit de mercredi 3 novembre à jeudi : "les policiers sont venus avec de l'eau pour éteindre les feux allumés par les personnes exilées pour se faire à manger, et se réchauffer". Le père Demeestère s'interroge sur "le sens de cet acte, qui m'apparaît du pur sadisme. Comment faire entendre à des personnes exilées qui subissent ça qu'elles ont affaire à un État qui leur veut du bien ?"

Des hébergements systématiques

Pour lui, ce qu'il se passe à Calais est "la radicalité du mal, un mal de faux-jetons, qui s'habille de toutes les vertus". Le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), Didier Leschi, a annoncé ce mercredi la création d'un "sas d'hébergement de nuit" de 300 places, qui "sera ouvert tous les jours après les évacuations" de migrants. Les personnes qui s'y rendront seront ensuite "orientées vers des hébergements pérennes en dehors de Calais", a-t-il précisé. L'État s'est engagé mardi à proposer "systématiquement" un hébergement aux migrants délogés de leurs campements de fortune. 

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