14-Juillet : ce qu'il faut retenir de l'intervention de François Hollande

François Hollande a présidé la dernière cérémonie du 14-Juillet de son mandat. Il est revenu sur de nombreux thèmes d'actualité, à l'occasion du traditionnel entretien.

François Hollande, lors de l\'interview accordée à TF1 et France 2, le14 juillet 2016. 
François Hollande, lors de l'interview accordée à TF1 et France 2, le14 juillet 2016.  (FRANCOIS MORI / POOL)

Après avoir présidé le défilé militaire du 14-Juillet, François Hollande s'est livré au traditionnel entretien télévisé, pendant 45 minutes, sur France 2 et TF1. Attendu sur la présidentielle de 2017, les accusations de "trahison" à gauche et les ambitions d'Emmanuel Macron, François Hollande a également répondu à des questions sur les enjeux internationaux. Voici ce qu'il faut retenir de cette intervention.

Sur les ambitions d'Emmanuel Macron

FRANCE TELEVISIONS

Interrogé sur les ambitions d'Emmanuel Macron, François Hollande a formulé un rappel à l'ordre. "[Il] m'accompagne depuis 2012, a rappelé François Hollande, avant de durcir le ton. "Mais il y a des règles dans un gouvernement. La première, c'est la solidarité, c'est l'esprit d'équipe, défendre le bilan, être à plein temps dans sa tâche. La deuxième, c'est qu'il n'y a pas de démarche personnelle." Moralité ? "Respecter ces règles, c'est rester au gouvernement, ne pas les respecter, c'est ne pas y rester."

Sur le Brexit

"Je ne voudrais pas qu'une malencontreuse décision, mais souveraine (...), ait des traductions sur notre propre économie." Interrogé sur le Brexit, François Hollande demande à Londres d'assumer les conséquences du référendum. "Plus tôt la Première ministre, Theresa May, engagera la procédure de sortie du Royaume-Uni de l'UE, meilleure sera la relation future entre l'Europe et le Royaume-Uni et meilleure sera notre propre situation."

Sur le chômage

"Ça va mieux en France", a répété François Hollande, en promettant "une inversion de la courbe du chômage à la fin de l'année", condition sine qua non de son éventuelle candidature en 2017. Il a reconnu que ce chômage "reste trop élevé" : "Ça veut dire que la politique que j'ai engagée, il va falloir la poursuivre." Selon lui, en effet, le retour de la droite au pouvoir serait synonyme de nouveaux "déficits" et de "perte de compétitivité".

Sur la loi Travail

François Hollande a jugé la loi Travail "conforme à [ses] valeurs" en tant "qu'homme de gauche", et dit qu'il "s'inscrivait dans la démarche" du Front populaire et de sa loi sur les conventions collectives. Par ailleurs, le président de la République a exclu tout retrait du texte, qui revient mercredi à l'Assemblée, et ajouté que les nombreux décrets d'application seraient pris "immédiatement". "Pour ne pas être impopulaire, mieux vaut ne rien faire ? Telle n'est pas ma conception de l'action", s'est-il justifié. Il a cependant admis que "peut-être il y a eu une mauvaise présentation initiale" du projet.

Sur les économies

"On ne sera pas à 50 milliards d'économies, a convenu François Hollande, alors qu'il avait formulé cet engagement, mais nous en ferons 46." Pour expliquer cet écart, François Hollande a évoqué les attentats du 13 novembre : "je me suis engagé à cesser toute diminution d'effectifs dans les armées et à augmenter les budgets – de 600 millions – à augmenter les ffectifs de police et de gendarmerie – 600 millions d'euros..." Français Hollande a également avancé le montant d'un milliard d'euros pour résoudre la crise agricole.

Sur la polémique autour de son coiffeur

François Hollande s'est défendu à propos du salaire élevé de son coiffeur. "J'ai fait diminuer le budget de l'Elysée qui était de 109 millions en 2012 à 100 millions, j'ai supprimé 10% des effectifs de l'Elysée", a-t-il répondu quand on l'interrogeait sur les émoluments de cet employé, dont l'existence a été révélée par Le Canard enchaîné. "Mon salaire a baissé de 30% et on viendrait me chercher sur cette affaire ? "On peut me faire tous les reproches, pas celui-là."

Sur la lutte contre l'Etat islamique

"[Il n'y aura] pas d'intervention au sol mais il y aura des conseillers militaires français présents" auprès de l'armée irakienne, a indiqué François Hollande. "Nous devons frapper et frapper fort au moment ou Daech commence à fléchir et à se retirer." La veille, il avait également annoncé que le porte-avions Charles de Gaulle allait regagner le Moyen-Orient à l'automne, au sein de l'opération Chammal.

"Vigipirate sera maintenu au niveau maximum", a également indiqué le président de la République, précisant que le nombre de militaires passerait toutefois de 10 000 pendant l'Euro à 7 000.