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Yassin Salhi nie toute motivation terroriste

Depuis dimanche soir, c’est dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret, que les enquêteurs antiterroristes interrogent Yassin Salhi. Il a avoué la décapitation d’Hervé Cornara, dès samedi soir, mais il prétend qu’il n’avait pas d’intention terroriste.
Article rédigé par franceinfo
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  (Yassin Salhi a été transféré dimanche dans les locaux de la section anti-terroriste de Paris  © MaxPPP)

Yassin Salhi, père de famille de 35 ans, fiché pour islamisme radical dès 2006, a-t-il ou non des liens avec Daech ? Yassin Salhi a-t-il été inspiré par les nombreuses décapitations perpétrées par Daech ? C’est ce que les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) cherchent en priorité à savoir. Face à eux, Yassin Salhi nie toute intention terroriste. Depuis qu’il a commencé à parler samedi soir, il a reconnu la décapitation de son patron, Hervé Cornara, 54 ans. Mais il prétend qu’il n’y a pas de rapport entre ce mode opératoire, inédit en France, et une volonté terroriste. Il explique son geste par une altercation qui avait eu lieu, un ou deux jours plus tôt avec son patron. Tout serait parti d'une histoire de palette remplie de matériel informatique que le chauffeur-livreur avait fait tomber.

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Les raisons d'un passage à l'acte à vérifier

Vendredi, Yassin Salhi aurait pu se venger, d’une manière atroce, en décapitant Hervé Cornara. L’autopsie n’a toujours pas précisé si la décapitation avait eu lieu ante ou post mortem . Elle a eu lieu après des traces d’étranglement. Selon Salhi, les faits se sont produits sur un parking, avant d’aller attaquer l’usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier.

Le suspect justifie aussi son geste par une dispute avec son épouse, le jeudi 26 juin. Il ne la trouvait "pas assez religieuse" et aurait menacé de le quitter.

Comment cerner l'intention terroriste ?

Malgré la défense de Yassin Salhi, la piste terroriste reste privilégiée. Lorsque les pompiers ont maîtrisé Yassin Salhi, au milieu des bonbonnes de gaz qu’il voulait faire sauter, l'homme a crié "Allahu Akbar", Dieu est le plus grand en arabe. Une formule religieuse classique mais que de nombreux djihadistes prononcent au moment de commettre un attentat.

 L’intention terroriste est de toute façon juridiquement évidente, de sources proches de l’enquête, au moins sur le papier. Car selon le code pénal, article 421-1, "les atteintes à la vie" ayant pour but de "troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur" sont "des actes de terrorisme".

 

Quel lien avec Daech ? 

La question pour les enquêteurs est de savoir si ces actes ont été commandités et s'ils ont été commis avec des complicités en Syrie. Ce qui est sûr, c’est que c’est à un contact syrien que Yassin Salhi a envoyé son horrible selfie avec la tête de sa victime. La photo a été envoyée à Sébastien-Younès, l’un des 473 Français présents en Syrie, qui serait à Raqqa, engagé dans les rangs de l’Etat Islamique, et qui connaissait Yassin Salhi depuis le milieu des années 2000, années durant lesquelles Yassin Salhi avait fait l’objet d’une fiche S, pour islamisme radical.

 La garde à vue de Yassin Salhi doit s’achever demain matin, au bout de 96 heures. Elle ne devrait pas être étendue à 6 jours.

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