Attentat en Isère : les intentions floues de Yassin Salhi

Les interrogatoires de Yassin Salhi se poursuivent. Les enquêteurs cherchent à connaître les intentions exactes de l'auteur présumé de l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier : règlement de compte barbare ou véritable attaque kamikaze inspirée par l'Etat islamique ?

(Yassin Salhi a été transféré de Lyon à Levallois-Perret pour la poursuite de son interrogatoire © Reuters / Emmanuel Foudrot)

Après avoir passé 48 heures à Lyon, l'auteur présumé de l'attentat de Saint-Quentin-Favallavier (Isère) est arrivé dimanche soir au siège de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) de Levallois-Perret. Les enquêteurs doivent maintenant découvrir les intentions exactes de Yassin Salhi. A-t-il voulu se venger de son patron après un différend, comme il le prétend depuis samedi, ou commettre une attaque terroriste semblable à celle de l'Etat Islamique ? 

Un selfie macabre pour la Syrie

Les services de la SDAT privilégient la piste de l'attaque kamikaze terroriste et gardent deux éléments à l'esprit. 

D’abord le selfie macabre avec la tête de sa victime envoyé du portable de Yassin Salhi à un français originaire de Besançon, parti depuis novembre dernier à Raqqa en Syrie. La photo a été repérée samedi et sa piste a vite été remontée par les enquêteurs. C'est un certain Sébastien qui l'aurait reçue, l'un des 473 français actuellement en Syrie. Yassin Salhi pourrait avoir cherché à obtenir une revendication du groupe Etat Islamique.

La radicalisation progressive de Yassin Salhi

C'est dans les années 2000 qu'il aurait commencé à s'intéresser à l'islam radical avant d'être identifié en 200 par les services de renseignements et fiché entre 2006 et 2008. Et puis, la soeur du suspect principal a évoqué, au cours de son interrogatoire, un probable voyage en Syrie en 2009. 

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La défense bancale de Yassin Salhi

Durant ses interrogatoires, Yassin Salhi a avoué avoir tué son patron, Hervé Cornara et l'avoir décapité. Mais le suspect explique avoir agi suite à une dispute intervenue un à deux jours plus tôt au sein de l’entreprise. Un différend confirmé par des salariés. Il dit également avoir eu des difficultés conjugales et que tout cela l’a poussé à commettre un acte médiatique.

Pour les enquêteurs, il cherche surtout à se dédouaner. Les analyses de ses trois téléphones portables, de son ordinateur et de sa tablette permettront sans doute de livrer des clés sur son passage à l’acte. La SDAT recherche maintenant les traçes d'un éventuel commanditaire.

Sa femme et sa soeur relâchées

De leur côté, la femme et la soeur de Yassin Salhi, âgées de 34 et 32 ans, ont été relâchées ce dimanche après deux jours de garde à vue. Aucune charge n'a été retenue contre les deux femmes.