Ce que l'on sait de l'attentat de Nice, qui a fait au moins 84 morts et 18 blessés en "urgence absolue"

"Un camion a foncé sur la foule sur une longue distance, ce qui explique ce bilan extrêmement lourd", a indiqué, dans la nuit de jeudi à vendredi, la préfecture des Alpes-Maritimes.

Des officiers de police et des secours arrivent sur la scène de l\'attaque, jeudi 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes).
Des officiers de police et des secours arrivent sur la scène de l'attaque, jeudi 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)

Un camion a foncé sur la foule qui se trouvait sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes), où les gens étaient venus assister, jeudi 14 juillet, au feu d'artifice tiré à l'occasion de la fête nationale. Vendredi, à 7h30, le ministère de l'Intérieur évoque un bilan provisoire d'au moins 84 morts et 18 "en urgence absolue". "Le caractère terroriste de l'attaque ne peut être nié", a déclaré le président de la République, lors d'une allocution.

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Que s'est-il passé ?

Vers 23 heures, un camion a foncé sur la promenade des Anglais, renversant les personnes qui se trouvent sur son chemin, sur une distance de 2 km. La célèbre avenue était noire de monde alors que le feu d'artifice donné pour la fête nationale venait de se terminer. "C'était un poids lourd de 15 m de long qui roulait à 90 km/h", a raconté un témoin sur i-Télé, ajoutant que des personnes avaient tenté de s'accrocher aux portes du véhicule pour l'arrêter.

Des photos montrent le camion blanc criblé de balles, notamment sur le pare-brise. Une fois son camion arrêté, l'homme a ouvert le feu avec un pistolet, avant d'être abattu par la police.

La police scientifique se tient à côté du camion qui a foncé dans la foule sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016.
La police scientifique se tient à côté du camion qui a foncé dans la foule sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes), le 15 juillet 2016. (ERIC GAILLARD / REUTERS)

"L'identification du criminel est en cours", a précisé Bernard Cazeneuve. Des papiers d'identité au nom d'un Franco-Tunisien ont été retrouvés dans le camion, selon un policier cité par l'AFP, ainsi qu'une "grenade inopérante" et "des armes longues factices". L'identification formelle du chauffeur est toujours en cours dans la nuit. Selon une source policière, l'homme figurant sur les papiers est seulement connu pour des faits de droit commun.

Il n'y a pas eu de prises d'otages dans d'autres lieux de la ville, contrairement à ce que certains internautes ont relayé sur Twitter. "Des investigations sont menées pour savoir si l'individu a agi seul ou s'il a bénéficié de complices qui auraient pris la fuite", a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Quels sont les premiers témoignages ?

"Le feu d'artifice venait de se terminer, raconte Kévin, un restaurateur contacté par francetv info. Et là, la foule s'est mise à courir, c'était la panique totale. J'étais à peu près à 50 m des lieux. Ce que j'ai vu, c'est horrible. Des corps de femmes écrasées, plein de sang. Il n'y avait plus personne à secourir alors j'ai rebroussé chemin." Un mouvement de panique s'est emparé de la promenade des Anglais, et beaucoup ont cherché à se réfugier dans les restaurants et les halls d'immeubles.

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Les blessés ont été accueillis à l'hôpital Pasteur de Nice, indique Nice-Matin, tandis que le hall de l'hôtel Negresco a été transformé en poste de secours, selon un journaliste de France 2. Les témoins sont entendus par les enquêteurs.

Que dit l'enquête ?

Un périmètre de sécurité a immédiatement été mis en place à proximité de la promenade des Anglais, totalement bouclée. Vers 1 heure du matin, la police technique et scientifique procédait aux premières investigations sur le camion blanc, immobilisé devant le palais de la Méditerranée. Ses pneus étaient crevés et la porte passager criblée de balles.

La section antiterroriste du parquet de Paris a annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, s'être saisie de l'enquête, alors que la préfecture des Alpes-Maritimes avait évoqué un peu plus tôt "un attentat". Aucune information sur les motivations de cette attaque n'était disponible dans l'immédiat. Ce drame, survenu en pleines festivités du 14-Juillet, intervient dans un contexte de menace terroriste très élevée en France.

Quelles sont les consignes des autorités ?

La préfecture a demandé aux Niçois de rester chez eux et tout de suite évoqué la possibilité d'un attentat. Plusieurs journalistes présents sur place ont décrit une scène de panique quand le camion est arrivé, peu après la fin du feu d'artifice. L'ancien maire de Nice, Christian Estrosi, a lui aussi appelé les habitants à la prudence. Les taxis de la ville ont transporté gratuitement les passants pour les évacuer de la promenade des Anglais, selon le quotidien Nice-Matin.

Le "plan blanc", protocole d'urgence permettant l'accueil d'un grand nombre de victimes dans les hôpitaux, a été déclenché. Un numéro d'urgence à destination des familles a été mis en place. Il s'agit du 04 93 72 22 22.

Comment a réagi la présidence ?

Comme après les attentats de janvier et novembre 2015, le chef de l'Etat a également retrouvé à la cellule de crise les patrons de la police, de la gendarmerie, des services de renseignement et du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, selon l'Elysée. Il a prononcé une allocution, dans la nuit, en annonçant la prolongation de l'état d'urgence de trois mois.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, lui, s'est rendu à Nice, où il a annoncé que le plan Vigipirate sera rehaussé en "alerte-attentat" dans les Alpes-Maritimes.

Le président américain Barack Obama a été averti de la situation à Nice et ses conseillers à la sécurité le tiennent informé de son évolution, annonce par ailleurs la Maison Blanche.