Un ancien otage français dit avoir été détenu en Syrie par Mehdi Nemmouche

L'auteur présumé de la fusillade au Musée juif de Bruxelles a été désigné par d'anciens otages comme l'un de leurs geôliers en Syrie.

Photo non datée du tireur présumé du Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche.
Photo non datée du tireur présumé du Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche. (MAXPPP)

Mehdi Nemmouche, accusé d'avoir tué, en mai, quatre personnes au Musée juif de Bruxelles, aurait été l'un des geôliers des journalistes français retenus en Syrie début 2014, révèlent Le Monde et Le Point. L'information aurait été transmise par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à la section antiterroriste du parquet de Paris, précise le quotidien.

Cette information "provient, notamment, des témoignages d'ex-otages journalistes français libérés le 20 avril", souligne Le Monde. "Les souvenirs des personnes interrogées ne sont pas identiques, écrit Jacques Follorou dans le quotidien. Si certains évoquent 'une possibilité', d'autres affichent une plus grande certitude."

"Chaque soir, les coups pleuvaient"

Les journalistes Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres ont été libérés en avril dernier, après avoir passé dix mois aux mains d'un groupe islamiste en Syrie, dont certains membres parlaient français. Parmi les anciens otages, Nicolas Hénin, cité par Le Point, est affirmatif sur le rôle du jihadiste français présumé.

"Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait, affirme Nicolas Hénin. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français."

"Nicolas parlait effectivement d’éléments de rapprochement, des éléments qui n’apparaissaient pas comme contradictoires avec des caractéristiques relevées par les enquêteurs, explique l'entourage de Nicolas Hénin à francetv info. Au début, ce n’était donc pas une identification au sens propre du terme. Mais il faut savoir que tout cela fait partie des choses difficiles à dire pour Nicolas, car le souci de la sécurité de tous ceux qui sont encore retenus en otages là-bas est constant. Et vous imaginez bien que, de ce point de vue, la nouvelle de la mort des deux journalistes américains a rendu les choses encore plus éprouvantes."

Le jihad, un "prétexte" pour devenir célèbre

"Selon certains témoins, Nemmouche n'aurait été qu'un exécutant de base de l'Etat islamique chargé par l'organisation de surveiller les otages occidentaux, affirme Le MondeIl aurait, néanmoins, fait montre d'une grande brutalité et commis des actes graves."

Le Point, qui doit publier, dans son édition de jeudi, l'intégralité du témoignage de Nicolas Hénin, évoque "le portrait d'un Nemmouche égocentrique et affabulateur pour qui le jihad n'est finalement qu'un prétexte pour assouvir sa soif maladive de notoriété" et qui "rêve de devenir un jour l'un des personnages" de l'émission "Faites entrer l'accusé".

Mehdi Nemmouche a quitté la Syrie en février. Ce Franco-Algérien de 29 ans, arrêté le 30 mai à Marseille à sa descente d'un car en provenance de Belgique, a été remis, fin juillet, aux autorités belges. Il a été inculpé à Bruxelles pour "assassinat dans un contexte terroriste".