Qui sont les jeunes qui partent en Syrie ?

Une équipe de France 2 a rencontré le juge antiterroriste Marc Trévidic. Il voit quotidiennement dans son bureau ceux qui sont partis ou qui souhaitaient partir combattre en Syrie.

FRANCE 2

Après l'annonce, mercredi 22 avril, d'un attentat déjoué de justesse à Villejuif (Val-de-Marne), l'équipe de France 2 a donné la parole au juge antiterroriste Marc Trévidic. Tous les jours, le magistrat voit défiler dans son bureau des personnes qui sont parties combattre aux côtés de l'organisation État islamique ou qui envisagent de le faire.

Son objectif ? Repérer les plus dangereux. "La grande difficulté, c'est que tous tiennent à peu près le même langage. 'Nous sommes allés là-bas, nous avons vu des atrocités et nous avons décidé de revenir' [...]. Le problème, c'est qui on va croire et qui on ne croira pas", indique le juge.

Trois profils types

Les profils de ces personnes ne sont pas toujours similaires. "Notre fonds de commerce s'élargit. Nous avons plusieurs profils. Tout en bas de l'échelle, il y a une petite minorité de jeunes dont nous ne savons pas ce qu'ils font là, qui ne sont même pas radicalisés", explique Marc Trévidic. Il ajoute : "Après, il y a la grosse masse de jeunes radicalisés, un peu à la va-vite, en quatre, six mois, sept mois". Enfin, l'homme évoque "des jeunes qui ne croient pas aux vérités officielles". Selon le juge, ces derniers ne croient pas aux atrocités commises par l'organisation État islamique, pensant même "que c'est un montage de l'Occident" et "que ces gens-là ne peuvent pas faire des choses pareilles".

"N'oublions pas non plus le nombre important de jeunes qui étaient dans la délinquance de droit commun" : pour Marc Trévidic, l'une des solutions serait de prendre en charge psychologiquement ces personnes dès leur entrée en prison, c'est-à-dire avant qu'il ne soit trop tard.

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Un drapeau de l'Etat islamique trouvé par un Kurde, après la bataille de Kobané, en Syrie, le 22 décembre 2014. (GAIL ORENSTEIN / NURPHOTO)