Belgique, Syrie… mais où est passé Salah Abdeslam ?

Le chauffeur du commando des terrasses avait traversé la frontière franco-belge au lendemain des attentats de Paris. Depuis, l'ennemi public numéro 1 est introuvable. Est-il reparti en Syrie ? 

Photo non datée, diffusée par la police française, de Salah Abdeslam, suspecté d\'avoir participé aux attentats de Paris du 13 novembre 2015.
Photo non datée, diffusée par la police française, de Salah Abdeslam, suspecté d'avoir participé aux attentats de Paris du 13 novembre 2015. (AP / SIPA)

Où est donc parti Salah Abdeslam, soupçonné d'être l'un des organisateurs des attentats du 13 novembre ? Les enquêteurs ont établi qu'il se trouvait dans le 18e arrondissement de Paris le soir des attaques coordonnées qui ont secoué la capitale et tué 130 personnes.

C'est dans ce quartier qu'a été retrouvée la Clio noire qui a servi à l'une des équipes terroristes, vraisemblablement celle des kamikazes du Stade de France. Depuis, et malgré de nombreuses perquisitions en France et en Belgique, Salah Abdeslam est introuvable. Francetv info fait le point sur les différentes pistes de l'enquête.

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Passé par Cambrai, selon les autorités françaises

Cambrai est le dernier endroit où Salah Abdeslam a été identifié avec certitude. Le matin du samedi 14 novembre, il est contrôlé à la frontière franco-belge. Son nom n'est cependant pas encore apparu dans le cadre de l'enquête, et il n'est alors pas connu des services de sécurité français. Après un contrôle de routine, les policiers le laissent donc continuer sa route, direction la Belgique. Depuis, aucune piste n'a pu être vérifiée avec certitude par les autorités.

Déposé à Bruxelles ou dans sa banlieue, selon ses chauffeurs

Côté belge, les enquêteurs enchaînent les perquisitions à Bruxelles, notamment à Molenbeek. Deux des hommes inculpés en Belgique et qui se trouvaient dans le véhicule contrôlé à Cambrai expliquent qu'ils ont déposé le fugitif à Bruxelles. Mais les versions de Mohammed Amri et Hamza Attou divergent sur l'endroit où ils l'ont quitté : l'un explique avoir déposé Salah Abdeslam au stade Roi-Baudouin, l'autre assure que c'était à Molenbeek. 

Quoi qu'il en soit, Salah Abdeslam a ensuite été pris en charge par un autre chauffeur. Selon le journal belge Dernière Heure, un de ses chauffeurs a demandé à Ali Oulkadi, un ami d'enfance, de venir récupérer le fugitif à la gare de Bockstael, à Laeken, une ville de la banlieue bruxelloise, samedi 14 novembre à la mi-journée. Oulkadi aurait alors conduit Abdeslam à la gare de Schaerbeek, à une dizaine de minutes de là. Pendant ce court trajet, Oulkadi dit ne pas avoir reconnu Salah Abdeslam, qui portait alors un bonnet. 

Le terroriste présumé lui paraît agité, très pâle. Il cherche seulement à savoir le nombre de victimes des attentats de Paris, dit que son frère est mort et a tué beaucoup de gens. Après de multiples arrêts, le chauffeur dépose finalement Abdeslam rue Royale-Sainte-Marie, à quelques pâtés de maisons de la gare de Bruxelles-Nord. "Arrête-toi et attends cinq minutes [avant de redémarrer], jusqu’à ce que je sois parti. Tu ne me reverras plus." Ce seraient les derniers mots de Salah Abdeslam à la dernière personne connue à l’avoir vu vivant, selon Dernière Heure.

Parti en Syrie ? Une piste de travail pour les enquêteurs

Citant une source des renseignements français, la chaîne d'information américaine CNN affirme, lundi 30 novembre, que Salah Abdeslam aurait réussi à s'enfuir et serait à présent en Syrie. Le site Politico (en anglais) confirme cette version des faits, citant une source belge proche de l'enquête : "Nous avions déjà la quasi-certitude que Salah Abdeslam était à l'étranger." Selon les informations de France 2, il s'agirait d'une "hypothèse de travail" pour les enquêteurs, pas d'une certitude. 

Mais si l'homme aurait effectivement renoncé à se faire exploser dans le nord de Paris le soir des attentats, les représailles de la part du groupe Etat islamique pouraient être sévères. Selon David Thomson, spécialiste des mouvements jihadistes, le groupe terroriste pourrait néanmoins pardonner sa recrue : "Même si Salah Abdeslam a raté, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas le bienvenu à Raqqa. Il ne serait pas considéré comme un déserteur vu qu'il a participé à l'opération. Après, cela reste un cas inédit", explique l'expert à L'Express.