Commémorations des attentats du 13-Novembre : "Entre un besoin d'oubli et une volonté de mémoire", témoigne un rescapé du Bataclan

Une série d'attaques simultanées ont été perpétrées à Paris et à Saint-Denis, le 13 novembre 2015, dans lesquelles 131 personnes ont perdu la vie et 350 ont été blessées. 

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Radio France
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Arthur Dénouveaux, président de l’association Life For Paris, rescapé du Bataclan, le 8 septembre 2021. (FRANCK DUBRAY / MAXPPP)

"Nous hésitons toujours entre un besoin d'oubli et une volonté de mémoire", a expliqué samedi 13 novembre sur franceinfo Arthur Dénouveaux, président de l’association Life For Paris, rescapé du Bataclan, à l'occasion des commémorations des six ans des attentats du 13 novembre. "Les victimes sont contentes qu'on puisse se retrouver et contentes qu'il y ait une certaine forme d'attention médiatique", a ajouté le rescapé.

franceinfo : Ces commémorations se déroulent cette année en plein procès des attentats du 13-Novembre. Est-ce que vous sentez que cela change quelque chose dans la manière dont vous les abordez ?

Arthur Dénouveaux : Complètement. Si vous voulez, tous les ans, un des buts de ces commémorations était de rappeler que le 13-Novembre, ce n'est pas uniquement le Bataclan, c'est aussi le Stade de France et les terrasses. Je crois que ces semaines de témoignages qui se sont déroulées au procès ont permis de vraiment ancrer dans la mémoire collective toutes les mémoires individuelles et celles de tous les lieux, de presque toutes les expériences qui se sont déroulées le 13 novembre. Donc, on sent que quelque chose a changé et on sent que cette partie-là du discours n'est plus nécessaire et qu'on va peut-être commencer à se tourner vers l'après.

Le procès est vécu différemment pour les victimes, les familles, les rescapés. Est-ce qu'il en est de même pour ces commémorations ?

Bien sûr. Il y a des personnes dont on sait qu'elles ne viennent pas aux commémorations parce qu'elles n'y arrivent pas, parce qu'il y a trop de chagrin. C'est quelque chose qui ne colle pas avec le deuil qu'ils ont envie d'avoir ces 13-Novembre. Tout ça se fait quand même dans un grand respect et une grande bienveillance. Au contraire, pour la majorité des gens, ça se passe bien et les victimes sont contentes qu'on puisse se retrouver et contentes qu'il y ait une certaine forme d'attention médiatique. Nous hésitons toujours entre un besoin d'oubli et une volonté de mémoire. Le fait que les médias s'intéressent à nous montre quand même que notre calvaire n'a pas complètement été en vain et qu'il continue à intéresser la société en général. C'est vécu positivement.

Quel est aujourd'hui le travail de votre association, Life for Paris, qui réunit 650 victimes et primo intervenants sur les lieux de l'attentant ?

Nous avons eu plusieurs phases, évidemment. Au début, nous avons surtout travaillé sur la reconstruction psychologique, le travail d'indemnisation. Nous nous sommes ensuite intéressés à la mémoire, puis au procès. 

"À la fin des procès, il faudra se donner un horizon pour décider de notre dissolution. Ce ne sera pas une manière de dire que nos liens d'amitié, que notre communauté disparaît. Ce sera une manière de dire qu'il faut passer une étape."

Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan

à franceinfo

Nous n'avons pas besoin d'une association loi de 1901 qui joue un rôle dans la société aussi fort que ce que peut jouer Life for Paris.

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