Vénissieux : ce que l'on sait de la mort de deux automobilistes, tués par des tirs de policiers après un refus d'obtempérer

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des policiers ont ouvert le feu sur les deux occupants d'une voiture qu'ils voulaient contrôler. Les deux policiers placés en garde à vue ont été remis en liberté. 

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Un policier à Grasse (Alpes-Maritimes), le 28 février 2022. Photo d'illustration. (VALERY HACHE / AFP)

Deux hommes ont été tués après un contrôle routier à Vénissieux (Rhône), dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 août. Les représentants des forces de l'ordre ont ouvert le feu après que le conducteur a foncé sur eux avec le véhicule, blessant légèrement un policier. Le parquet de Lyon a déclaré que deux enquêtes avaient été ouvertes. Franceinfo fait le point sur les éléments connus de ces homicides. 

Des policiers ouvrent le feu après un refus d'obtempérer sur un parking

Les faits se sont produits dans la nuit de jeudi à vendredi, peu après minuit. Selon un communiqué du parquet de Lyon, quatre fonctionnaires de police de patrouille de nuit ont repéré un véhicule stationné sur le parking d'un supermarché de Vénissieux, au sud de Lyon. Selon le parquet, la voiture a été "signalé volée", ce qu'a confirmé Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, vendredi matin.

"Alors que les fonctionnaires s’apprêtaient à le contrôler, le conducteur du véhicule a enclenché la marche arrière puis la marche avant en percutant un policier qui s'est retrouvé projeté sur le capot du véhicule", poursuit le parquet de Lyon. Deux fonctionnaires de police, dont celui sur le capot, ont alors "fait usage de leurs armes à plusieurs reprises". La voiture a ensuite "fini sa course une centaine de mètres plus loin". Le fonctionnaire de police percuté a été "légèrement blessé aux jambes" et a été orienté vers un hôpital pour des examens.

Le passager et le conducteur ont été tués 

Deux personnes occupaient l'habitacle du véhicule, d'après les précisions du parquet. "Très grièvement blessés", ils ont reçu des premiers secours. Agé de 20 ans, le passager est mort avant que les pompiers n'arrivent, tandis que le conducteur du véhicule, âgé de 26 ans, a été "transporté à l’hôpital en urgence absolue" après avoir été touché à la tête. Il est mort dans la nuit de jeudi à vendredi, "des suites de ses blessures", a annoncé le parquet de Lyon dans un communiqué samedi. 

Son casier judiciaire portait la mention de neuf condamnations. Ce jeune homme était recherché au moment des faits "dans le cadre d’une enquête ouverte pour vols aggravés de véhicules". Le passager décédé était également "connu des services de police", mais "son casier judiciaire ne porte cependant mention d’aucune condamnation", précise le parquet.

Deux enquêtes ouvertes

Deux enquêtes ont été ouvertes à la suite des faits : l'une pour "recel de vol, refus d’obtempérer aggravé et violences avec arme sur agents de la force publique", l'autre pour "violences avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Cette dernière a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices".

>> Légitime défense et refus d'obtempérer : trois questions sur la législation qui encadre l'usage des armes par les policiers

Deux policiers placés en garde à vue puis libérés

Le parquet de Lyon explique que les deux fonctionnaires qui ont fait usage de leurs armes de service étaient en garde à vue, vendredi matin. Ils ont ensuite été remis en liberté vendredi soir, a annoncé le parquet de Lyon, qui ajoute que "des investigations complémentaires – notamment une reconstitution et des expertises balistiques – devront cependant être diligentées pour confirmer les circonstances exactes dans lesquelles les policiers ont fait usage de leurs armes". "Les policiers vont devoir répondre de l'utilisation de leurs armes", a de son côté assuré Gérald Darmanin.

Des réactions syndicales immédiates

Cette "agression claire" de policiers, selon Gérald Darmanin, intervient deux mois et demi après un précédent homicide à la suite d'un refus d'obtempérer, à Paris. "Il y en a toutes les demi-heures dans notre pays", a rappelé le ministre de l'Intérieur depuis la Corse endeuillée par les orages.

"Foncer avec un véhicule volé sur des policiers est un crime qu’ils doivent faire cesser tout en se protégeant", a déclaré le syndicat des commissaires de la police nationale sur Twitter. "On ne respecte plus les policiers, il y a une crise d'autorité", a fustigé sur BFM TV Alain Barberis, secrétaire départemental du syndicat de policiers Alliance dans le Rhône.

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