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Octuple infanticide : Dominique Cottrez avoue n'avoir jamais eu de relations sexuelles avec son père

Cette aide-soignante de 51 ans, jugée pour pour avoir tué ses huit nouveau-nés, a changé de version au troisième jour de son procès devant la cour d'assises du Nord.

Article rédigé par
Envoyée spéciale à Douai (Nord), - Violaine Jaussent
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Dominique Cottrez au premier jour de son procès, le 25 juin 2015, devant la cour d'assises du Nord à Douai. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

C'est un tournant majeur du procès. Au troisième jour de sa comparution devant la cour d'assises du Nord, lundi 29 juin, Dominique Cottrez, accusée d'avoir tué huit de ses nouveau-nés, a reconnu n'avoir jamais eu de relations sexuelles avec son père, contrairement à ce qu'elle assurait jusque-là pour sa défense.

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L'aide-soignante de 51 ans est passée aux aveux en deux temps. Au terme d'un interrogatoire mené par son propre avocat, Me Frank Berton, qui avait lui-même relevé des contradictions dans les propos de sa cliente, elle a d'abord reconnu n'avoir jamais été violée par son père.

"Madame, vous jurez sur la tête de vos filles que votre père vous a violée ?

- Non, je jure pas.

- Il vous a violée, ou il ne vous a pas violée ?

- Non."

Puis, après une interruption de l'audience consécutive à ces révélations, Dominique Cottrez réitère non seulement ses aveux, mais avoue aussi qu'elle n'a même jamais eu de relations sexuelles avec son père. Pourtant, elle a toujours assuré qu'elle avait eu des rapports consentis avec lui après son mariage. "Il ne m'a jamais touchée", a-t-elle ainsi assuré, sans pouvoir expliquer cette déclaration.

"Il dit qu'il m'offrira un petit mouton..."

Un peu plus tôt, dans l'après-midi, Dominique Cottrez est pourtant loin de faire cet aveu. Invitée par la présidente de la cour d'assises à parler de son père, l'accusée décrit les premiers attouchements subis à l'âge de 8 ans, puis évoque un premier rapport sexuel contraint vers 15 ans, sans parvenir à donner une date précise à ces faits.

D'une petite voix étranglée, Dominique Cottrez poursuit, et relate comment elle a ensuite eu des relations sexuelles consenties avec son père à l'adolescence, et même après son premier accouchement, alors qu'elle était mariée. Et explique combien elle craignait que ses enfants n'aient pour géniteur leur propre grand-père.

"Six versions de tout ça, et là, on est à une septième !"

Après ce récit, la présidente laisse les avocats des parties civiles, puis l'avocat général et son adjointe soulever des contradictions. Me Rodolphe Costantino, pour l'association Enfance et Partage, commence : 

"Si les rapports s'arrêtent en 1993, on a sept ans sans relation sexuelle qui soit de nature à donner lieu à la naissance des enfants. Comment pouvez-vous dire : 'Je craignais d'avoir des enfants de mon père', et dire que vous n'aviez pas de relation ?

- Je disais ça pour les premiers.

- Donc pour les premiers, vous le craignez, mais ensuite vous ne le craignez pas.

[Silence de l'accusée]

- Je n'ai pas d'autre question."

L'avocate générale prend ensuite la parole, et résume : "Je suis très embêtée, Madame Cottrez. On essaye de s'approcher au plus près de la vérité. Six versions de tout ça, et là, on en est à une septième !"

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