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Violences de la Brav-M : le président de SOS Racisme "s'étonne qu'il n'y ait pas eu de mesure de suspension de ces policiers"

Après la diffusion d'un enregistrement où l'on entend plusieurs policiers menacer et intimider un groupe d'individus interpellés, le président de SOS Racisme "s'étonne" que les policiers ne soient pas suspendus.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Dans un enregistrement, on entend plusieurs policiers des Brav-M menacer et intimider un groupe d'individus. Illustration (CLAIRE SERIE / HANS LUCAS)

"Je m'étonne qu'il n'y ait pas eu de mesure de suspension de ces policiers", a déclaré samedi 25 mars sur franceinfo Dominique Sopo, président de SOS Racisme, après la diffusion d'un enregistrement audio d'une vingtaine de minutes où l'on entend plusieurs policiers des brigades de répression de l'action violente motorisées (Brav-M) menacer et intimider un groupe d'individus interpellés et placés en garde à vue lundi soir à Paris, lors d'une manifestation contre la réforme des retraites.

franceinfo : Quel regard portez-vous sur qu'il s'est passé ?

Dominique Sopo : Cela ne m'étonne pas. On sait très bien que ces types de comportements sont extrêmement fréquents. Souvent, cela ne donne rien parce qu'il n'y a pas de preuves matérielles et quand les personnes se risquent à déposer plainte, il y a des contre plaintes pour outrage à agent. Cela reste extrêmement choquant dans un contexte où on a aussi un pouvoir politique qui a choisi l'épreuve de force contre le mouvement social et qui donc envoie des signaux de possibilités aux forces de l'ordre et notamment aux Brav-M. Ce sont des forces non pas de maintien de l'ordre mais des forces qui jouent très fréquemment de l'humiliation et qui mettent leurs ressources, leur temps, leur énergie à humilier des personnes pendant que d'autres brûlent des poubelles et mettent, peut-être, la vie d'autres gens en danger.

>> TEMOIGNAGE. "Il m'a attrapé par le sexe" : le manifestant insulté et violenté par des Brav-M à Paris dénonce une agression sexuelle

Le préfet de police a saisi l'IGPN. Qu'en pensez-vous ?

Je m'étonne qu'il n'y ait pas eu de mesure de suspension de ces policiers. On saisit l'IGPN mais peut-être faut-il faire une enquête plus approfondie pour tirer au clair l'ensemble des circonstances de ce contrôle. Mais il y a déjà quelque chose qui est établie, c'est qu'il y a des claques, des insultes et des menaces. Comment se fait-il que des policiers qui se comportent de cette façon ne soient pas immédiatement suspendus par leur hiérarchie ? On voit bien qu'il y a un problème de la philosophie de maintien de l'ordre dans notre pays qui fait qu'il y a une grande tolérance. On a une conception du maintien de l'ordre qui est en partie fondée sur l'humiliation de celles et ceux qui sont contrôlés. Nous demandons le démantèlement de la Brav-M.

Comment expliquez-vous que ces actes ne soient pas dénoncés ?

Si vous avez été victime de comportements délictuels de la part de policiers, c'est compliqué d'aller à la police dénoncer ce type de comportement. C'est en cela que j'incite les personnes qui seraient touchées par ce type de phénomène à aller dénoncer auprès des associations pour être accompagnées. Nous n'avons pas à accepter dans une démocratie que les forces de l'ordre puissent s'astreindre du respect de la loi.

Allez-vous mener une action ?

Nous sommes à disposition de Souleymane (le manifestant violenté par la Brav-M) pour l'accompagner parce que les démarches judiciaires ne sont jamais évidentes. Ce n'est jamais évident de franchir le pas, de savoir comment il faut faire, donc nous sommes à sa disposition. Il y a toute une dimension qui fleure bon le racisme. C'est le Noir qui est ciblé et qui se trouve humilié à travers des gestes dégradants. Il y a dans l'enregistrement des menaces d'obligation à quitter le territoire français de la part du policier qui l'agresse verbalement visant à le terrifier.

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