Policier incarcéré à Marseille : Emmanuel Macron a découvert les propos du patron de la police nationale dans la presse

Selon les informations de franceinfo, c'est lors d'une escale au Japon avant son déplacement en Nouvelle-Calédonie, que le chef de l'Etat a pris connaissance des les propos polémiques du directeur général de la police nationale Frédéric Veaux dans la presse.
Article rédigé par France Info, Paul Barcelonne
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Emmanuel Macron à son arrivée à Nouméa le 24 juillet 2023. (LUDOVIC MARIN / AFP)

La surprise. Emmanuel Macron a découvert les propos polémiques du directeur général de la police nationale Frédéric Veaux dans la presse, alors qu'il était en escale au Japon avant son déplacement en Nouvelle-Calédonie, selon les informations de franceinfo. 

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Dimanche 23 juillet, dans une interview au Parisien / Aujourd'hui en France, Frédéric Veaux s'est dit favorable à la libération d'un policier de la BAC de Marseille détenu dans le cadre d'une enquête sur des violences policières commises en marge des émeutes au début du mois. Ces propos ont suscité une vague d'indignation de la part notamment de la gauche. 

Et c'est peu dire que cette colère des policiers, qui ont décidé d'assurer le service minimum pour protester, empoisonne le déplacement du chef de l'Etat en Nouvelle-Calédonie, à 16 000 km de Paris. Emmanuel Macron a bien tenté de botter en touche lundi en déclarant être "le garant des institutions", avant de glisser : "Pas de commentaire". Emmanuel Macron a tout de même assuré qu'il comprenait "l'émotion" des policiers, mais fidèle à sa stratégie du "en même temps", il a également rappelé que personne n'était au-dessus de la loi.

La gêne de Gérald Darmanin

Un soutien en demi-teinte diront certains, qui rappellent que le président avait déjà estimé que la mort du jeune Nahel à Nanterre était "inexcusable" et "injustifiable". À Nouméa, Emmanuel Macron s'est aussi souvenu que le calme après les violences urbaines est revenu en quatre jours, saluant le travail des forces de l'ordre et de son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il n'en demeure pas moins que les émeutes de début juillet ont laissé un vrai traumatisme, y compris politique, en marquant le bilan final des fameux "100 jours".

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Mais en découvrant les propos polémiques du patron de la police en ouvrant le journal, cela marque aussi une cassure, alors même que le chef de l'Etat voyageait avec un certain Gérald Darmanin. "Je n'ai aucun commentaire à faire", balaie ainsi un conseiller du ministre de l'Intérieur qui a, comme son patron, beaucoup de mal à cacher sa gêne. 

D'ailleurs, lundi 24 juillet, Gérald Darmanin avait le visage fermé, les yeux souvent rivés sur son téléphone, l'air préoccupé, refusant de répondre à toutes les questions des journalistes, ce qui est plutôt inhabituel. Le ministre de l'Intérieur a, jusqu'ici, toujours joué la carte de la proximité avec la police, fort d'une relation de confiance avec les syndicats. Selon plusieurs de ses collègues, son influence serait de plus en plus forte au gouvernement, quitte à en faire un ministre indispensable, incontournable, se payant le luxe de prévoir sa rentrée politique, fin août chez lui à Tourcoing, au risque de devenir trop encombrant. Lui, dont le nom a beaucoup circulé ces dernières semaines pour le poste de Premier ministre. Finalement, même si ce n'est que du bout des lèvres, Emmanuel Macron a préféré conforter Élisabeth Borne à Matignon.

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