Maintien de l'ordre : “Il ne faut pas banaliser le taser”, une arme “aussi dangereuse” que la technique d'étranglement, prévient Amnesty

“Nous avons trop de cas où l'arme est mal utilisée et peut être réellement très dangereuse", avertit c, présidente d'Amnesty International France, invitée mercredi 10 juin sur franceinfo.

Un pistolet à impulsion électrique, parfois appelé \"Taser\", lors d\'une présentation de nouveaux équipements pour la Brigade anti-criminalité (BAC), le 22 février 2016 à Paris.
Un pistolet à impulsion électrique, parfois appelé "Taser", lors d'une présentation de nouveaux équipements pour la Brigade anti-criminalité (BAC), le 22 février 2016 à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Les syndicats de police sont reçus par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner jeudi 11 et vendredi 12 juin. Certains réclament la généralisation du Taser, ce pistolet à impulsion électrique, après l'interdiction de la technique d'étranglement pour procéder à une interpellation. Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France, a estimé mercredi 10 juin sur franceinfo que cela reviendrait à “arrêter une pratique dangereuse, celle de la clé d'étranglement, pour la remplacer par une arme aussi dangereuse”, le taser.

Il ne faut pas banaliser le Taser, ça n'est pas une arme anodine.Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International Francesur franceinfo

"Elle peut être létale”, poursuit-elle. “Nous avons trop de cas où l'arme est mal utilisée et peut être réellement très dangereuse.”

La présidente d'Amnesty International France pense qu'il faudrait réserver le Taser à des forces de l'ordre “extrêmement formées”, et qu'il faudrait l'utiliser, tout comme la technique du plaquage ventral ou le LBD, “que dans des cas extrêmes, en cas de légitime défense, lorsqu'il y aurait une menace imminente pour la vie des policiers, des gendarmes ou d'une autre personne”. Ce serait à ce moment-là une “violence légitime”, considère-t-elle. “Il y a malheureusement, en France comme dans d'autres pays, un usage illégitime de la force parce qu'il n'est pas proportionné ni nécessaire”, déplore-t-elle.

Cécile Coudriou prône une “désescalade” qui “servirait tout autant les forces de l'ordre que la population et permettrait de recréer un lien de confiance entre population et police qui est nécessaire dans un Etat de droit”.