Les syndicats de police Alliance et Unsa refusent de participer au "Beauvau de la sécurité"

"Un énième séminaire sans mesure concrète au préalable serait jugé indécent", a écrit Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance, à Emmanuel Macron dans un courrier transmis mardi à l'AFP.

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France Télévisions
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Manifestation de policiers devant l'Arc de triomphe à Paris, le 14 décembre 2020. (JULIEN MATTIA / ANADOLU AGENCY / AFP)

La colère persiste. Le syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix, et l'Unsa, majoritaire chez les CRS, ont fait savoir mardi qu'ils ne participeraient pas au "Beauvau de la sécurité", concertation sur la police annoncée par Emmanuel Macron pour janvier prochain.

Dans un courrier au chef de l'Etat, daté de lundi et dont l'AFP a pris connaissance, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d'Alliance écrit qu'un "énième séminaire sans mesure concrète au préalable serait jugé indécent", en listant une série de demandes.

"Une colère jamais atteinte"

Posant ses conditions, le syndicat Alliance réclame notamment, en préalable, une "peine minimale incompressible pour les agresseurs de policiers", le "floutage" des policiers filmés et des "mesures sociales" dont la gratuité des transports. Dans un communiqué, l'Unsa met également des conditions à sa participation au "Beauvau de la sécurité". "L'Unsa Police attend des réponses tangibles sur des sujets déjà abordés", explique le syndicat, en rappelant les engagements pris par Emmanuel Macron lors de sa rencontre le 15 octobre avec les représentants syndicaux des policiers.

En pleine polémique sur les violences policières, Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue du "Beauvau de la sécurité" afin d'"améliorer les conditions d'exercice" des forces de l'ordre et "consolider" leurs liens avec les Français.

Cette annonce visait notamment à désamorcer la grogne des policiers, furieux que le chef de l'Etat leur ait évoqué le 4 décembre, dans une interview au média en ligne Brut, des contrôles au faciès et des violences de la part de certains membres des forces de l'ordre. Le président avait aussi annoncé la mise en place en janvier d'une plateforme de signalement des discriminations. "Vos propos sur les policiers sous-entendant que nos collègues seraient racistes ou violents, ont suscité un vif émoi, une colère jamais atteinte", souligne d'ailleurs Alliance dans son courrier.

Depuis l'interview à Brut d'Emmanuel Macron, des rassemblements de policiers ont eu lieu dans plusieurs villes de France. Lundi soir, une centaine de policiers se sont rassemblés devant l'Arc de Triomphe à Paris. Plus tôt dans la journée, 130 policiers grenoblois avaient déposé en préfecture des demandes de rupture conventionnelle pour protester contre le "lâchage" présidentiel de la police. Les syndicats de police doivent être reçus vendredi, à tour de rôle, par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

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