Affaire Adama Traoré : la justice confirme vouloir auditionner deux témoins clés

La décision des magistrats instructeurs d'entendre ces témoins "a été annoncée aux parties le 10 avril 2019", écrit le parquet. 

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Assa Traoré, au centre, lors de la manifestation contre les violences policières devant le Tribunal de grande instance de Paris, le 2 juin 2020. (YANN CASTANIER / HANS LUCAS / AFP)

"La justice met tout en œuvre pour parvenir à la manifestation de la vérité". Dans un communiqué diffusé lundi 8 juin, le parquet de Paris a confirmé la volonté des juges d’instruction chargés de l'affaire Adama Traoré d'entendre deux témoins clés de l'affaire. Une enquête pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "non-assistance à personne en danger" avait été ouverte à la suite du décès du jeune homme peu après son interpellation, le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

D'après les informations de franceinfo, ces deux témoins sont un homme de 38 ans chez qui Adama Traoré s’était réfugié quelques minutes avant son interpellation. Ce témoin avait été entendu une fois par les gendarmes, mais jamais par les juges. L’autre témoin que les juges veulent entendre est une femme qui, selon les déclarations d'un gendarme, a assisté à la tentative d’interpellation d’Adama Traoré dans la rue.

Un des témoins reste introuvable

La décision des magistrats instructeurs d'entendre ces témoins "a été annoncée aux parties le 10 avril 2019", écrit le parquet. La procédure a toutefois pris du retard car un des deux témoins ne s'est pas présentée à l'audition programmée le 30 septembre 2019. "Des investigations ont depuis lors été lancées pour le localiser", ajoute le parquet de Paris.

Le procureur de la République rappelle en outre que "dix mesures d’expertise judiciaire réalisées par des experts et médecins assermentés" ont été versés au dossier. S'ajoutent à ces documents "deux rapports médicaux produits par les parties civiles", dont le dernier en date, qui contredit en partie les autres expertises, conclut à la responsabilité de la technique d'interpellation des gendarmes dans le décès du jeune homme. "Cette procédure se déroule dans le respect du contradictoire et de la présomption d’innocence", insiste enfin le parquet.

L'avocat de la famille Traoré critique le procureur

Après avoir pris connaissance de ce communiqué du parquet de Paris sur l'audition des deux témoins, l'avocat de la famille Traoré, Yassine Bouzrou, insiste sur le fait que "plus d'un an après [la décision des juges], ces auditions n'ont toujours pas eu lieu" et que "pour le second témoin, aucune convocation n'a jamais été envoyée". Il rappelle que "la manifestation de la vérité nécessite que les actes d'investigation soient effectivement réalisés, on n'instruit pas sur des intentions mais sur des actes d'enquête réalisés".

Il ajoute que "la dernière fois qu'un procureur s'est exprimé sur ce dossier c'était celui de Pontoise, dont la communication était particulièrement contestable et a donné lieu à un dépaysement. Aujourd'hui, nous déplorons que le procureur de Paris se comporte comme son prédécesseur".

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