Radicalisation : Christophe Castaner réclame des signalements automatiques

Quatre jours après l'attaque au couteau à la préfecture de police de Paris, la femme de l'assaillant est sortie libre de sa garde à vue dimanche 6 octobre. Les enquêteurs n'ont retenu aucune charge contre elle. Christophe Castaner plaide désormais pour le signalement automatique de tout indice de radicalisation.

France 2

Après trois jours de garde à vue, l'épouse de Mickaël Harpon, l'assaillant de la préfecture de police de Paris, a été libérée dimanche 6 octobre au soir. Selon les enquêteurs, rien ne prouve que cette femme était la complice de son mari. Âgée de 38 ans et d'origine marocaine, elle avait épousé Mickaël Harpon en 2014 et était jusqu'ici inconnue des services de renseignement. Les enquêteurs avaient été intrigués par les 33 SMS échangés avec son mari juste avant les meurtres, jeudi. Il l'aurait notamment informée qu'il avait acheté des couteaux. Connaissait-elle ses intentions meurtrières ? Devant les policiers, elle a expliqué avoir cru que son époux était sur le point de se suicider.

45 policiers et gendarmes suivis pour radicalisation

Parallèlement, l'enquête progresse sur les failles dans le suivi administratif de Mickaël Harpon. Selon une note adressée au ministre de l'Intérieur, que France 2 a pu consulter, l'informaticien avait eu une "vive querelle" en 2015 avec deux collègues après s'être réjoui des attentats de Charlie Hebdo. Mais cet élément n'avait fait l'objet d'aucun rapport écrit ni d'avis à la hiérarchie. Lundi matin, Christophe Castaner demande que chaque comportement suspect soit désormais signalé. Un signalement automatique difficile à mettre en œuvre, selon le secrétaire général d'Alternative Police-CFDT, Denis Jacob, selon qui la police "n'a pas forcément ni le temps ni les moyens d'avoir un suivi en temps réel et systématique". Selon un rapport parlementaire de juin dernier, environ 45 policiers et gendarmes seraient actuellement suivis pour radicalisation.

Le JT
Les autres sujets du JT
Le ministre de l\'Intérieur Christophe Castaner (au centre), le 3 octobre 2019 à la préfecture de police de Paris.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner (au centre), le 3 octobre 2019 à la préfecture de police de Paris. (JULIEN MATTIA / ANADOLU AGENCY / AFP)