Paris : quatre morts parmi les otages, Coulibaly tué

Quatre personnes ont été tuées vendredi par Amedy Coulibaly lors de sa prise d'otages dans un supermarché casher de la Porte de Vincennes à Paris. Lui-même a été abattu par les forces de l'ordre. Il avait des explosifs et piégé le magasin. Sa compagne, Hayat Boumeddiene, est elle "toujours recherchée".

(Les policiers du RAID évacuent des otages juste après l'assaut lancé contre le magazin Hyper Cacher à Paris. © AFP PHOTO / THOMAS SAMSON)

Amedy Coulibaly, déjà suspect de la fusillade de Montrouge jeudi, a été tué dans l'assaut des forces de l'ordre vendredi. Peu après 13 heures, des coups de feu ont été entendus dans le quartier de la porte de Vincennes à Paris. Puis l'homme de 32 ans a pénétré dans un supermarché casher, retenant au moins une dizaine de personnes en otage pendant plusieurs heures. Les forces de l'ordre sont arrivées en masse. Et L'assaut a finalement été donné vers 17 heures, peu après celui de Dammartin-en-Goële où les frères Kouachi, suspectés de l'attentat contre Charlie Hebdo, étaient retranchés.

Les policiers ont fait de macabres découvertes dans le supermarché : au moins quatre otages tués, plusieurs autres blessés. Un certain nombre a été libéré. Lors d'une conférence de presse, le procureur de Paris a précisé vendredi soir qu'aucune des victimes n'avaient trouvé la mort lors de l'assaut. "Compte tenu d'une part de l'état des corps et d'autre part des  déclarations " d'Amedy Coulibaly, "aucun otage n'a été tué au cours de l'assaut" et les quatre victimes retrouvées auraient donc été tuées "vraisemblablement " dès la fusillade survenue vers 13h00. Par ailleurs, François Molins a précisé qu'Amedy Coulibaly a "menacé d'abattre tous les otages " et avait "piégé " le magasin".

Une douzaine d'établissements scolaires aux alentours du magasin ont, après le début de la prise d'otages, reçu des consignes de sécurité à Paris, Vincennes et Montreuil. Les mesures ont progressivement levées, a relayé le rectorat d'académie, qui a tenu les parents informés.

Un double appel à témoins 

Le procureur de Paris a confirmé qu'Amedy Coulibaly était bien lié à la fusillade jeudi à Montrouge, dans laquelle une policière municipale a été tuée. Il a été formellement identifié par son ADN retrouvé sur une cagoule perdue sur les lieux. Vendredi midi, la police a donné son identité par le biais d’un appel à témoins. Ses parents, habitant Grigny dans l’Essonne, ont été placés en garde à vue.

Sur l’appel à témoins lancé en urgence par la police, figure aussi la photo et l’identité d’une jeune femme de 26 ans, Hayat Boumeddiene. Il s'agit de la compagne de Coulibaly. Elle est "toujours recherchée " vendredi soir. Elle ne figure pas parmi les personnes décédées ou blessées lors de la prise d'otages et de l'assaut. Elle aurait été présente lors de la fusillade de Montrouge mais pas lors des événements de vendredi.

Les policiers attendent des informations par téléphone au 0805 02 17 17 ou par Internet, en se connectant sur le site www.securite.interieur.gouv.fr.

Une connexion Coulibaly-Kouachi

L'attentat contre Charlie Hebdo, la fusillade de Montrouge et les deux prises d'otages ont des liens entre elles, puisque plusieurs protagonistes présumés avaient été en contact ces dernières années. Selon les informations de France Info, Chérif Kouachi, le plus jeune des deux frères retranchés à Dammartin et Amedy Coulibaly, suspecté dans l'affaire de Montrouge se sont connus en prison à Fleury-Mérogis en 2005. Coulibaly était alors emprisonné pour une affaire de droit commun. Il avait six condamnations à son actif.

Par ailleurs, le procureur de Paris a fait mention vendredi soir de contacts téléphoniques entre la compagne d'Amedy Coulibaly et celle de Saïd Kouachi. Plus de 500 coups de fil ont été passés en un an, ce qui atteste "de liens constants et soutenus entre les deux couples ", a dit le procureur., attentat