Mort de Clément Méric: 5 personnes devant le juge samedi

Cinq personnes gravitant dans les milieux d'extrême droite, dont Esteban M., considéré comme l'auteur présumé du coup fatal à Clément Méric, ont été déferées au parquet de Paris.

Des manifestants portent une bannière en hommage à Clément Méric, lors d\'un rassemblement en mémoire du militant antifasciste, à Toulouse (Haute-Garonne), jeudi 6 juin 2013. 
Des manifestants portent une bannière en hommage à Clément Méric, lors d'un rassemblement en mémoire du militant antifasciste, à Toulouse (Haute-Garonne), jeudi 6 juin 2013.  (PASCAL PAVANI / AFP)

Elles étaient en garde à vue. Cinq personnes ont été déferées au parquet de Paris, vendredi 7 juin dans la soirée, dans l'enquête sur la mort de Clément Méric. Agées de 19 à 32 ans, elles ont toutes ont été identifiées comme gravitant autour des milieux d'extrême droite. Elles devraient être présentées samedi à un juge d'instruction. Les chefs d'ouverture de l'information judiciaire n'étaient pas connus dans l'immédiat.

Auparavant, les cinq gardés à vue ont été interrogés sur les circonstances de l'altercation qui a coûté la vie au jeune militant antifasciste. Trois autres personnes ont été relâchées vendredi, une jeune femme et deux hommes. Parmi les interpellés déférés se trouve Esteban M., l'auteur présumé des coups de poing fatal.

Esteban, connu pour "son crâne rasé et ses treillis"

L'homme, un skinhead de 20 ans, né à Cadix en Espagne, a été interpellé jeudi en banlieue parisienne, à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Selon Le Parisien, il était connu des services de police comme proche de la mouvance d'extrême droite. Le Monde précise qu'il "apparaît sur les fichiers [de la police] pour un port d'arme prohibé de 6e catégorie", qui inclut les armes blanches et le coup de poing américain.

"Tout le monde le connaissait avec son crâne rasé, ses blousons en cuir, ses treillis et ses tatouages. Mais à part ça, il n'était pas connu pour des faits de délinquance", a raconté le maire d'une commune de l'Aisne, où il a grandi.

Plusieurs proches de groupuscules d'extrême droite

Plusieurs des personnes déferées sont connues comme proches de Troisième Voie et Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), des groupuscules d'extrême droite. France 3 a rencontré l'un d'eux, Cédric, dans les bureaux des Jeunesse nationalistes révolutionnaires. Il s'agit d'un ami d'Esteban M., l'auteur présumé du coup qui a provoqué la mort du jeune militant antifasciste. Cédric, qui assure ne pas être membre des JNR, n'était pas présent sur les lieux de la bagarre mais a pu parler avec Esteban et assure qu'il appartient "à la justice de faire son travail". Selon lui, Esteban M. est "un gamin de 20 ans qui risque son avenir pour une bagarre qui a mal tourné. Il n'a rien d'un combattant, et ne fait pas partie des JNR".  

 

France 3

Le dirigeant de ces deux groupes, Serge Ayoub, a cependant nié toute implication dans cette affaire, était entendu vendredi après-midi comme témoin par les policiers. Serge Ayoub, alias "Batskin", a rejeté la responsabilité de la bagarre sur l'extrême gauche. Il avait auparavant livré un récit très détaillé des faits, expliquant qu'il avait "eu le temps de se renseigner".