Cet article date de plus d'un an.

Crash du vol Rio-Paris : l'appel du parquet général de Paris a rallumé "l'espoir que ces familles n'ont jamais abandonné", affirme maître Alain Jacubowicz

Les familles de victimes reprennent espoir après l'appel de la relaxe d'Airbus et d'Air France. Il y a dix jours le tribunal correctionnel de Paris avait mis hors de cause les deux entreprises. "La saga judiciaire inédite de ce procès n'est peut-être pas terminée" selon Alain Jacubowicz, un des avocats des parties civiles
Article rédigé par franceinfo, Aurélien Thirard
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Alain Jakubowicz, avocat des parties civils au procès de la catastrophe Rio-Paris A 447, après la relaxe d'Airbus et Air France par la cours d'appel à Paris le 17 avril 2023 (ANDREA SAVORANI NERI / NURPHOTO)

L'appel formulé par le parquet général de Paris de la relaxe d'Airbus et d'Air France pour le crash du vol Rio-Paris en 2009 a rallumé "l'espoir que ces familles n'ont jamais abandonné pendant 14 ans de procédure et ce jeu de montagnes russes absolument insoutenable", affirme ce jeudi sur franceinfo l'avocat Alain Jacubowicz. Il défend la principale association de victimes "Entraide et Solidarité AF 447". Des familles, qui selon leur avocat, ont "une absence totale de compréhension (...) des décisions successives qui sont rendues, qui ne sont jamais la confirmation des décisions précédentes".

>>> Crash du Rio-Paris : le parquet général fait appel de la relaxe d'Airbus et d'Air France

Pour lui, la décision du procureur général signifie qu'"on ne peut pas s'arrêter à une décision de première instance, au demeurant très critiquable sur le plan juridique". Ainsi pour cet avocat, "il faut un second degré de juridiction. Il faut qu'une cour d'appel vienne dire ce qu'elle en pense et le cas échéant la Cour de cassation". 

C'est la catastrophe la plus meurtrière que notre histoire aéronautique ait connu, on ne peut pas s'arrêter à ce stade

Alain Jacubowicz, l'un des avocat des parties civiles

Pour l'avocat, "il y a une certaine cohérence de la part du parquet général" qui avait déjà demandé le renvoi d'Airbus et d'Air France en procès, après le non-lieu général ordonné par le juge d'instruction en 2019. "Le parquet et le parquet général qui est le niveau hiérarchique supérieur ne sont quasiment jamais d'accord" dans cette affaire, observe l'avocat. C’est pour ça qu'il espère "une position différente de l'accusation lors du second procès". Ainsi "la saga judiciaire inédite de ce procès n'est peut-être pas terminée loin s'en faut". Et lors de ce second procès qui n'aura pas lieu avant plusieurs mois "il n'y a pas de changement, les données restent les mêmes, nous développerons nos arguments qui pour l'essentiel ont été retenus par le tribunal", avance Alain Jacubowicz.

>>>Crash Rio-Paris : colère et indignation pour les familles à l’issue du verdict

Les familles des victimes expriment à ce stade leur "soulagement", comme l'a confiée à franceinfo Danièle Lamy, la présidente de l'association "Entraide et Solidarité AF 447". Cette femme qui a perdu l'un de ses fils dans le crash en 2009 assure que "les familles ne lâcheront rien et donnent rendez-vous à Air France et Airbus dans les prochains mois". De son côté, Ophélie Toulliou qui a perdu son frère, se dit très "surprise". C'est le cas aussi de Sylvie Robert, la sœur du pilote du vol AF447 Rio-Paris. Contactée par franceinfo, elle qui avait témoigné à la barre pour défendre l'honneur de son frère "bafoué" selon elle par Airbus, car tenu pour responsable du crash par l'avionneur, "accueille cette décision avec grande satisfaction. Que le procureur général discrédite ainsi le réquisitoire exclusivement à charge contre les pilotes est très satisfaisant !", indique-t-elle.

Contactés par franceinfo, Airbus et Air France réservent leurs commentaires. Pour l'instant les deux sociétés préparent leurs éléments de réponses. Les deux sociétés seront donc jugées à nouveau pour homicides involontaires et risquent à nouveau 225 000 euros d'amende chacune.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.