Vosges : ce que l'on sait de la disparition de Mia, 8 ans, enlevée chez sa grand-mère maternelle

Les ravisseurs se sont fait passer pour des représentants de la protection de l'enfance. Selon le procureur, la fillette pourrait être accompagnée de sa mère qui "n'avait pas le droit de la voir seule".

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Mia Montemaggi, 8 ans, a été enlevée aux Poulières (Vosges) le 13 avril 2021. (GENDARMERIE NATIONALE)

L'enfant n'a toujours pas été retrouvée, malgré la mise en œuvre pendant quelques heures du dispositif Alerte enlèvement. Mia, une petite fille de 8 ans confiée à sa grand-mère maternelle, a été enlevée par trois hommes dans les Vosges, mardi 13 avril, en fin de matinée. Voici ce que l'on sait de cet enlèvement, après l'arrestation de trois suspects, jeudi 16 avril.

La grand-mère maternelle dupée par les ravisseurs

Lors de son enlèvement, "le 13 avril 2021, vers 11h30, par trois hommes de type européen", l'enfant se trouvait chez sa grand-mère maternelle, installée dans la commune des Poulières (Vosges). Celle-ci en avait la garde et avait été "désignée tiers de confiance par le juge des enfants", a expliqué le procureur de la République d'Epinal. 

"Deux hommes ont sonné au domicile de la grand-mère" en fin de matinée. Ils "se sont présentés comme des professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse, plus exactement du service territorial éducatif de milieu ouvert". Ils étaient "munis de papiers à en-tête du ministère de la Justice". Ils ont demandé "à réaliser une visite inopinée du logement et à conduire l'enfant à un rendez-vous" au sein de ce service territorial éducatif pour y "rencontrer sa mère", a encore déclaré le procureur.

Ils ont donc "mis en confiance" la grand-mère qui a laissé partir l'enfant. Mais, "prise d'une mauvaise intuition", elle a ensuite appelé le service éducatif en question "qui lui a indiqué qu'aucun éducateur ne devait se présenter" chez elle ce jour-là, a indiqué Nicolas Heitz. Le parquet et la gendarmerie nationale "ont été tout de suite saisis" du "chef d'enlèvement de mineur de moins de 15 ans".

La fillette toujours activement recherchée 

Née le 23 janvier 2013, Mia est une enfant "de type européen, mesurant environ 1,30 m, aux cheveux longs et bruns, avec une frange". Au moment de son enlèvement, elle portait "de petites boucles d'oreille en or avec un dessin rouge". Elle est vêtue "d'un pantalon noir, d'un t-shirt, d'un gilet gris zippé avec des points dorés, d'une doudoune blanche avec des points noirs et une doublure en fourrure blanche", a précisé le procureur en diffusant de nouveau sa photo au cours de la conférence de presse. 

VIDEO. Le procureur de la République d'Epinal, Nicolas Heitz, fait le point sur la disparition d'une petite fille

Le dispositif Alerte enlèvement a été mis en place mardi soir à partir de 21 heures , puis levé à l'issue du créneau prévu initialement de trois heures, le temps de faire "avancer efficacement l'enquête", a expliqué le magistrat. Ce message a permis de recueillir "30 signalements" dans la nuit de mardi à mercredi. Toutefois, le procureur a souligné que la fillette était toujours recherchée et potentiellement en danger. Toute personne ayant des informations est invitée à appeler le 0 800 36 32 68.

La section de recherche de Nancy et la brigade de recherche de Saint-Dié sont chargées de l'enquête. La gendarmerie a indiqué à franceinfo que 90 enquêteurs sont mobilisés pour tenter de retrouver l'enfant.

Trois hommes partis en Volkswagen gris

Les deux hommes venus au domicile de la grand-mère, selon le procureur, "correspondaient au signalement suivant : un homme âgé de 30 ans environ, d'1,80 m, portant un tatouage en forme de croix au niveau du cou, avec des cheveux courts foncés, porteur d'un pantalon foncé et d'une chemise blanche". Le deuxième individu est âgé de "moins de 30 ans, un peu plus petit" et a "des cheveux aux racines foncées avec des mèches blondes".

Un troisième homme attendait dans le véhicule qui a emmené la petite fille. Il est présenté comme âgé de "plus de 35 ans" et ses cheveux sont "très courts et grisonnants", a décrit le magistrat. Le véhicule était une "camionnette de marque Volkswagen de type transporter gris anthracite en bon état", a-t-il ajouté.

Trois suspects placés en garde à vue

Trois hommes ont été placés en garde à vue pour "soustraction de mineurs en bande organisée" après leur interpellation à Paris et en région parisienne, a appris franceinfo de source judiciaire jeudi. Ils étaient connus de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour leur appartenance au mouvement survivaliste, a appris franceinfo de sources concordantes.

Ils ont été transférés vers la section de recherche de la gendarmerie de Nancy. Ils sont entendus par la Section de recherches de Nancy et la brigade de recherches de Saint-Dié à la gendarmerie de Nancy.

La mère au centre des investigations

Selon le procureur, la fillette pourrait être accompagnée de sa mère Lola Montemaggi, 28 ans, qui "n'avait pas le droit de la voir seule, mais seulement en présence d'un tiers deux fois par mois". Cette femme, décrite comme "très mince, cheveux châtains clairs mi-longs" et qui aborde deux tatouages en forme d'étoile à l'intérieur du poignet, "ne se trouve plus" à son domicile, situé à Epinal, a encore précisé le magistrat. Elle est "propriétaire d'un véhicule Peugeot 207 de couleur noire".

Selon les premières investigations, Lola Montemaggi "voulait vivre en marge de la société" et refusait de mettre sa fille à l'école. "Depuis janvier, a encore dit le procureur, cette maman ne répondait à aucune des convocations des services de la protection judiciaire de la jeunesse, ni même à celles du juge des enfants". 

La justice estime aussi qu'elle a "adopté devant le juge des enfants le 11 janvier une posture préoccupante. Elle se disait malade, ne souhaitant pas qu'on s'immisce dans sa vie ni dans celle de sa fille en arguant une position de rejet de la vie en société", a expliqué Nicolas Heitz. "Elle a par ailleurs indiqué fin décembre 2020 qu'elle allait vider son appartement et vendre ses meubles avec comme projet de partir en camping-car avec sa fille dans le but de passer en dessous des radars de la société."

Fin décembre 2020, le parquet d'Epinal avait également reçu un signalement indiquant "que l'enfant était confrontée aux violences de sa mère à l'endroit de son conjoint, à ses propos suicidaires et à son refus de sa scolarisation", ce qui a motivé le placement provisoire chez sa grand-mère. Interrogé ultérieurement par des journalistes, le procureur a précisé que les "violences" évoquées à l'encontre du conjoint étaient des "violences verbales"

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