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De Paris à Villers-Cotterêts, la traque des deux tireurs de "Charlie Hebdo"

Les policiers sont lancés dans une traque d'envergure pour tenter de retrouver les deux suspects au plus vite.

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France Télévisions
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Des policiers mènent une perquisition dans le quartier de la Croix-Rouge, à Reims (Marne), dans la nuit du 7 au 8 janvier 2015. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Jour de deuil national et de traque. Au lendemain de l'attaque qui a fait 12 morts au siège de Charlie Hebdo, deux hommes sont toujours activement recherchés. Plusieurs milliers de policiers et gendarmes sont lancés dans une course contre la montre pour arrêter Chérif et Said Kouachi, les deux principaux suspects. Les deux frères, en fuite, ont notamment été identifiés grâce à la carte d'identité de l'aîné, retrouvée dans leur voiture abandonnée.

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"La priorité, c'est d'abord de traquer, d'appréhender les terroristes qui ont commis cet attentat (...). Des milliers de policiers, de gendarmes, d'enquêteurs sont mobilisés", a résumé le Premier ministre, Manuel Valls, sur RTL. Les autorités craignent notamment que les deux hommes, lourdement armés et aux abois, ne fassent d'autres victimes. Voici comment s'organise la traque des deux tireurs.

Un recueil minutieux des indices

La police scientifique a réalisé de nombreux prélèvements dans la C3 abandonnée par les tueurs pour tenter de trouver des empreintes digitales, des traces ADN et même l'odeur des suspects. 

Des spécialistes en odorologie ont ainsi tamponné les sièges du véhicule pour permettre aux chiens policiers de retrouver la trace des deux hommes, affirme Libération. Si les policiers sont parvenus à récolter des empreintes, ils pourront les comparer en temps voulu avec celles des suspects qui seraient arrêtés. 

Dans cette voiture, les enquêteurs ont aussi retrouvé une dizaine de cocktails Molotov et deux drapeaux jihadistes. "Cela démontre d'une part leur radicalisation islamiste, et qu'ils avaient peut-être prévu d'autres actions avec ces cocktails", a expliqué une source policière à l'AFP.

Une série de perquisitions et d'interpellations 

Pour retrouver les deux tueurs, les enquêteurs s'intéressent particulièrement à l'entourage des suspects et aux lieux qu'ils ont pu visiter ou habiter. Mardi 7 janvier au soir, le Raid a mené une impressionnante opération à Reims (Marne). Au total, sept personnes de l'entourage des frères Kouachi ont été placées en garde à vue. Le troisième homme visé par l'avis de recherche, Mourad Hamyd, beau-frère de Chérif Kouachi âgé de 18 ans, s'est rendu dans la soirée au commissariat de Charleville-Mézières (Ardennes). 

Selon des sources proches de l'enquête, les policiers ont aussi procédé à de nombreuses opérations de "perquisitions et de vérifications" des lieux rattachés aux suspects à Reims, Charleville-Mézières, Strasbourg, mais aussi à Pantin et Gennevilliers, en région parisienne, une ville où Chérif Kouachi s’est marié et a vécu.

Des écoutes téléphoniques 

Les enquêteurs utilisent aussi la téléphonie, pour espérer isoler un numéro et pouvoir ensuite pister les suspects et d'éventuels complices. "Ils vont répertorier tous les numéros de téléphones portables qui ont borné à proximité du siège de Charlie Hebdo au moment de l'attaque. Une fois ce premier listing établi, les enquêteurs croisent cette liste avec celles obtenues grâce aux bornages effectués aux différents endroits où les terroristes sont passés", explique une source judiciaire à l'AFP. Ce sont des logiciels utilisant des algorithmes qui effectuent ces opérations. 

Parallèlement, les enquêteurs devraient travailler sur "la téléphonie de l'entourage" des suspects, selon la source proche de l'enquête. En clair, les proches et la famille des deux frères sont placés sur écoute.

La traque dans l'Aisne

La police judiciaire parisienne a lancé mercredi soir un appel à témoins et mis en place un numéro vert, le 0805 02 17 17, "un outil qui peut se révéler extrêmement utile", souligne un enquêteur à l'AFP.   

Cet appel à témoins a permis un rapide signalement de Chérif et Said Kouachi, qui auraient braqué, en fin de matinée, le personnel d'une station-service à proximité de Villers-Cotterêts (Aisne), pour s'emparer de nourriture et de carburant. Le gérant de la station a "formellement reconnu les deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'attentat de Charlie Hebdo", selon une source policière. D'après les témoins, les deux hommes, cagoulés, "avec kalachnikov et lance-roquettes apparentes", auraient pris la fuite sur la Nationale 2 en direction de Paris, dans un véhicule de type Clio. 

Les suspects auraient ensuite abandonné leur voiture entre Villers-Cotterêts et Crépy-en-Valois (Oise). Les unités d'élite de la police et de la gendarmerie nationales "sont positionnées pour vérification d'objectifs dans cette zone, où a été abandonnée la voiture utilisée par les deux suspects, identifiés par un témoin", a expliqué à l'AFP une source policière.

En fin d'après-midi, le GIGN et le RAID se sont déployés aux abords du village de Villers-Cotterêts (Aisne) et ont quadrillé la zone maison par maison. Le village de Corcy (Aisne) a ainsi été passé au peigne fin. Mais les deux suspects auraient pu fuir à pied près de la forêt de Longpont, et de nombreux policiers surveillaient mercredi soir les abords de la forêt, appuyés par des hélicoptères équipés de caméras thermiques. La région Picardie a été placée au niveau "alerte attentat" du plan Vigipirate.

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