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Charb, dessinateur corrosif et militant, tué dans l'attaque de "Charlie Hebdo"

Stéphane Charbonnier, directeur de la rédaction de "Charlie Hebdo", a trouvé la mort dans l'attentat contre l'hebdomadaire satirique, mercredi. Portrait. 

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France Télévisions
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Charb, le directeur de la publication de "Charlie Hebdo", en 2012. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

"Je préfère mourir debout que vivre à genou." Dans une interview donnée en 2012 au Monde, le dessinateur Charb, mort à 47 ans mercredi 7 janvier dans l'attentat contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo, qu'il dirigeait depuis 2009, disait ne craindre personne. L'esprit libre. Dessinateur engagé dès son plus jeune âge, Stéphane Charbonnier, a toujours pratiqué un humour militant et corrosif.

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Né le 21 août 1967 à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), il "avait appris à dessiner pendant les cours de maths", raconte son éditeur, Casterman. Son irrévérence, il la manifeste dès l'adolescence en publiant ses premiers dessins dans le journal du collège, à Pontoise, avant de lancer Charlie Hebdo "nouvelle formule" en 1992. Ses dessins satiriques, abordant les guerres, la politique, la maladie ou les religions, ont été publiés dans L'Echo des savanes, TéléramaFluide glacial ou encore L'Humanité.

"On n'a pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre"

Avec son trait épais et ses trognes allumées, Charb ne reculait devant aucune plaisanterie, même du plus mauvais goût, n'en déplaise à certains. En première ligne des menaces dont Charlie Hebdo faisait l'objet depuis la publication des caricatures de Mahomet, Charb bénéficiait d'une protection policière depuis l'incendie volontaire du journal, en 2011.

Sans céder à la peur ou renoncer à son art. "Depuis qu'on fait Charlie Hebdo, on a toujours vécu avec des menaces. Les gens qui menacent sont ultraminoritaires et ceux qui passent à l'action sont encore plus minoritaires", déclarait-il en 2012 après l'interpellation d'un homme soupçonné d'avoir appelé à le décapiter sur un site jihadiste, selon Le Monde. "A Charlie Hebdo, on n'a pas l'impression d'égorger quelqu'un avec un feutre", disait encore celui qui a signé ce dessin tristement prémonitoire publié dans le numéro de Charlie de cette semaine. 

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