Nouveaux heurts à Aulnay-sous-Bois : les policiers ont fait usage de leur arme, en tirant en l'air

Pour la troisième nuit consécutive, des échauffourées ont éclaté dans la banlieue parisienne. Fait rare, les policiers ont fait usage de leur arme, en tirant en l'air, pour rétablir le calme. 

Des habitants d\'Aulnay-sous-Bois défilent, le 6 février 2017, lors d\'une marche réclamant \"Justice pour Théo\", victime d\'une violente interpellation. 
Des habitants d'Aulnay-sous-Bois défilent, le 6 février 2017, lors d'une marche réclamant "Justice pour Théo", victime d'une violente interpellation.  (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Nuit agitée à Aulnay-sous-Bois. Dans la foulée de la marche d'habitants organisée en soutien à Théo, gravement blessé après une interpellation le 2 février, des heurts ont éclaté, dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 février, pour le troisième soir consécutif. Contactée par franceinfo, la préfecture de Seine-Saint-Denis indique que les policiers ont dû faire usage de leur arme en tirant en l'air pour rétablir le calme. Des dégradations matérielles ont eu lieu, tandis qu'un hélicoptère et un dispositif policier "renforcé" ont été déployés sur place. Vingt-six personnes ont été interpellées.

"Des policiers encerclés et acculés"

Selon la préfecture, une dizaine de véhicules et six poubelles ont été incendiés, deux magasins, un fast-food et un concessionnaire automobile ont été dégradés. Des voitures de secours et de police ont également été dégradées. Il n'y a pas eu de blessés parmi les forces de l'ordre. Mais ces derniers ont dû faire usage de leur arme. "Des policiers encerclés et acculés, sans aucun autre moyen mis à leur disposition (comme des grenades de désencerclage) ont fait usage de leur arme en tirant en l'air", indique à franceinfo la préfecture. Mardi 7 février, en milieu de matinée, vingt-six personnes avaient été interpellées. 

Les quatre policiers mis en examen

Cinq jours après les faits, Théo reste  lui hospitalisé en raison de graves blessures au niveau de la zone rectale. Il s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail (ITT). Lundi, dans un enregistrement audio, ce jeune homme de 22 ans a livré sa version de l'interpellation et affirme s'être retrouvé là par hasard. "Ils m'ont assommé d'un coup. Lorsqu'ils m'ont frappé, j'ai tout de suite pensé qu'il fallait que j'aille là où il y a les caméras, sinon j'allais passer pour un menteur", raconte-t-il. Il affirme qu'un des policiers est ensuite revenu vers lui : "Il baisse mon pantalon et il enfonce la matraque dans mes fesses."

Les quatre policiers, présents lors de cette interpellation, ont été suspendus de leurs fonctions. Dimanche, l'un d'eux a été mis en examen pour viol, les trois autres pour violences volontaires en réunion. Le défenseur des droits a par ailleurs annoncé qu'il allait lancer des investigations.