Aulnay-sous-Bois : un policier "baisse mon pantalon et enfonce la matraque dans mes fesses", témoigne Théo

franceinfo a eu accès lundi au témoignage de Théo, grièvement blessé par quatre policiers lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois, le 2 février. 

Plusieurs centaines de personnes ont défilé lundi 6 février à Aulnay-sous-Bois, réclamant \"Justice pour Théo\".
Plusieurs centaines de personnes ont défilé lundi 6 février à Aulnay-sous-Bois, réclamant "Justice pour Théo". (CITIZENSIDE/ALPHA CIT / CITIZENSIDE)

Il décrit des insultes, des coups et un viol. Théo, 22 ans, grièvement blessé lors de son interpellation le 2 février à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) s'est confié à son avocat. Dans ce document sonore que franceinfo a pu se procurer lundi 6 février, le jeune homme raconte sa version des faits.

"Ils m'ont assommé d'un coup. Lorsqu'ils m'ont frappé, j'ai tout de suite pensé qu'il fallait que j'aille là où il y a les caméras, sinon j'allais passer pour un menteur". Un des quatre policiers "vire tout le monde" et revient vers Théo. "Il baisse mon pantalon et il enfonce la matraque dans mes fesses", raconte-t-il.

FRANCEINFO

Un déchaînement de violences et des insultes racistes

Le jeune homme poursuit : "Ils me mettent les menottes et ils me frappent encore". Des coups de matraque, notamment "dans les parties intimes", des "patates", du gaz lacrymogène "partout dans la bouche", des coups de poing "dans les yeux", alors que les quatre policiers ont embarqué Théo dans leur voiture. Ces violences physiques ont été agrémentées selon lui d'insultes racistes : "IIs m'ont craché dessus, ils m'ont traité de négro, de bamboula".

Le jeune homme raconte que son calvaire a pris fin au commissariat. "Un policier qui était plus sympa a tout fait pour que j'aille mieux", dit-il. Théo tient à le remercier : "Il m'a même accompagné à l'hôpital".

Quatre jours après les faits, le jeune homme reste hospitalisé. Il a été opéré et s'est vu prescrire 60 jours d'incapacité totale de travail. Dimanche soir, l'un des policiers a été mis en examen pour viol et trois de ses collègues pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, avec arme et en réunion suivies d'incapacité de travail supérieure à 8 jours". Tous ont été suspendus de leurs fonctions.