Disparition d'Estelle Mouzin : "Si j'étais vous, je chercherais entre l'école et le domicile", a déclaré Michel Fourniret lors de sa dernière audition

Le tueur en série des Ardennes a tenu des propos ambigus à la juge lors de sa dernière audition en novembre dernier, sans formuler d'aveux, selon le procès-verbal d'audition dont franceinfo a pris connaissance.

 Michel Fourniret dans une voiture de police, le 27 mai 2008, à Charleville-Mézières (Ardennes).
 Michel Fourniret dans une voiture de police, le 27 mai 2008, à Charleville-Mézières (Ardennes). (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

"Si j'étais vous, je chercherais entre l'école et le domicile", a déclaré Michel Fourniret, le tueur en série des Ardennes, lors de son audition devant le juge le 27 novembre dernier au sujet de la disparition d'Estelle Mouzin, selon le procès-verbal d'audition dont franceinfo a pris connaissance.

Lors de cette audition, Michel Fourniret a été comme à son habitude, un joueur qui aime déstabiliser l'adversaire par ses déclarations ambiguës. Mais en face de lui, la doyenne des juges d'instruction de Paris, Sabine Khéris, ne s'est pas laissé manipuler par le tueur en série. Pas dupe de "ces neurones qui foutent le camp", invoqués par Michel Fourniret pour justifier son absence de souvenirs sur son emploi du temps avant, pendant et après la disparition d'Estelle.

Des propos troublants

Dans ce procès-verbal d'audition, il faut lire entre les lignes, comme d'habitude avec l'ogre des Ardennes. Pas d'aveux, mais des doubles négations : "Je ne suis pas complètement sûr de n'y être pour rien, ça ne veut pas dire que je ne suis pas coupable", a-t-il déclaré. Et cette phrase troublante : "Si j'étais vous, je chercherais entre l'école et le domicile", précisément l'endroit où a disparu la petite fille il y a maintenant 16 ans. Michel Fourniret a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivi de mort", mais le tueur en série n'a pas à proprement parler fait des aveux.

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Monique Olivier, l'ex-femme, est entendue une nouvelle fois vendredi 24 janvier par la juge en charge du dossier Estelle Mouzin. En novembre dernier, l'ex-femme de Michel Fourniret avait relancé l'enquête sur la fillette de 9 ans, disparue le 9 janvier 2003 à Guermantes, en Seine et Marne. Dans le bureau de la juge parisienne, Monique Olivier a fait tomber l'alibi du tueur en série, qui depuis plus de 10 ans affirmait qu'il était à leur domicile des Ardennes belges le jour de la disparition d'Estelle Mouzin.

"Monique Olivier en sait plus qu'elle ne veut bien le dire", estime une source proche du dossier, "mais elle ne veut pas s'incriminer elle-même". La juge Khéris va devoir s'armer de patience. Elle avait mis plus d'un an et cent quarante et un interrogatoires avant d'avouer les premiers crimes de Michel Fourniret.