Affaire Grégory : les corbeaux sont "directement liés au meurtre", selon un des premiers enquêteurs

Le colonel Etienne Sesmat, qui a dirigé l'enquête sur la mort de Grégory en 1984, a estimé, jeudi sur franceinfo, que les maîtres chanteurs étaient liés à son meurtre.

Le 16 octobre 1984, le corps du petit Grégory est découvert dans la Vologne, à Lépanges-sur-Vologne (Vosges).
Le 16 octobre 1984, le corps du petit Grégory est découvert dans la Vologne, à Lépanges-sur-Vologne (Vosges). (MAXPPP)

Les corbeaux "font partie des gens directement liés au meurtre de Grégory", a estimé, jeudi 14 juin sur franceinfo, le colonel Etienne Sesmat, qui a dirigé l'enquête juste après la découverte du corps du petit Grégory en 1984. Par ailleurs, le gendarme ne se dit pas étonné qu'il y ait plusieurs corbeaux à la suite de la conférence de presse du procureur général de la Cour d'appel de Dijon, Jean-Jacques Bosc.

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Jean-Jacques Bosc a expliqué que les conclusions d'une expertise sur une lettre de 1983 étaient "confondantes" pour la grand-tante de Grégory, Jacqueline Jacob. Une autre expertise, menée sur une lettre de 1989, implique cette fois Monique Villemin, la grand-mère du petit garçon. Trois personnes sont en garde à vue depuis mercredi dans le cadre de l'enquête. Il s'agit de Jacqueline et Marcel Jacob, grand-tante et grand-oncle de Grégory, et de Ginette Villemin, la tante de l'enfant.

franceinfo : Êtes-vous étonné qu'il y ait plusieurs corbeaux ?

Etienne Sesmat : Non, pas vraiment. On a su très vite qu'il y avait plusieurs corbeaux qui agissaient, notamment dans la partie appels téléphoniques anonymes dans la période 1981-1983, avant les lettres anonymes. On savait qu'il y avait une voix d'homme à l'intérieur de la famille. Les gens de la famille l'appelaient 'l'homme à la voix rauque', qui intervenait pour des insultes, des menaces. Il y avait une voix de femme pour des appels intempestifs pour envoyer des médecins, des pompes funèbres ou des infirmières chez les parents Villemin. Nous, on s'appuyait sur des expertises en écriture à l'époque. Elles nous disaient que c'était une seule personne qui avait écrit les cinq lettres, ainsi que la lettre de revendication du meurtre. Maintenant, on nous dit qu'il y a une autre personne qui a écrit une de ces lettres. Moi, cela ne m'étonne pas.

Le ou les corbeaux ont-ils nécessairement participé au crime ?

Encore faut-il savoir qui sont les corbeaux. C'est sûr qu'ils font partie des gens directement liés au meurtre de Grégory. Cela m'a toujours semblé difficile d'imaginer un complot dans le créneau horaire qui nous est donné, quant au timing des faits. Mais bon, s'il y a d'autres éléments qui vont dans la voie d'une complicité, d'un meurtre à plusieurs, c'est plausible également.

Vous soupçonniez Bernard Laroche, le cousin de Jean-Marie Villemin. Est-ce qu'il est hors de cause aujourd'hui, selon vous ?

Je ne crois pas qu'il soit hors de cause. La lettre de revendication du meurtre, on n'en connaît toujours pas l'auteur. Moi, je reste sur des expertises faites à l'époque qui le désignaient formellement. Il faut voir comment tout ça va évoluer.

"La lettre de revendication du meurtre, on n'en connaît toujours pas l'auteur", Etienne Sesmat
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