"Une énième concertation sans passer à l'action serait dramatique" : qu'attendent les maires confrontés aux violences urbaines de leur rencontre avec Emmanuel Macron ?

Plus de 200 maires sont attendus ce mardi à l'Élysée. Tous ont été victimes de violences ou de dégradations ces derniers jours d'émeutes.
Article rédigé par Mathilde Imberty, Hadrien Bect
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le palais de l'Élysée. (Photo d'illustration) (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Des maires victimes de violences ou de dégradations ces derniers jours invités à l'Élysée. Tandis que les nuits semblent plus calmes depuis plusieurs jours, une semaine après la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre, Emmanuel Macron reçoit les maires de quelque 220 communes "victimes d'exactions" à travers tout le pays. La journée de lundi a été marquée par de nombreux rassemblements à travers la France en soutien au maire de L'Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun, au lendemain de l'attaque à la voiture-bélier contre son domicile dans cette ville du Val-de-Marne. 

>> Violences urbaines : Emmanuel Macron rencontre 220 maires pour "les écouter, les entendre" et "saluer le fait qu'ils se sont tenus en première ligne", explique le ministre Christophe Béchu

Pour Emmanuel Macron, l'objectif de cette grande rencontre est simple : échanger à bâtons rompus avec ces élus. Il n'y aura pas de pupitre, pas de discours, ni même d'échanges au micro comme lors du grand débat. Le chef de l'État veut un échange le plus informel possible. Selon un proche, Emmanuel Macron souhaite via cette rencontre "apporter son soutien et entendre".

Au sein de l'exécutif, on n'explique toujours pas ces attaques de maires. "Est-ce que c'est un effet d'opportunité ? Quelles sont les revendications ?", s'interroge un conseiller. Le chef de l'État n'a pas prévu d'annonces concrètes alors qu'un plan pour la sécurité des maires a déjà été présenté fin mai après l'attaque contre le domicile de l'ex-maire de Saint-Brévin.

"Que l'on se mette au travail"

Du côté des maires, beaucoup viennent à l'Élysée avec plusieurs revendications. C'est le cas d'élus de la région lyonnaise, comme Laurence Fautra, dont la mairie à Décines-Charpieu a été prise pour cible par des tirs de mortiers d'artifice. Le lycée de la ville a aussi été visé, un hôtel a été incendié. "On manque de moyens ! Il y a un manque d'effectifs de la police. J'ai envie de dire au président que le problème est aussi que l'on prend souvent des adolescents, des mineurs et que quelques heures plus tard, ils sont relâchés", soupire l'élue LR, également vice-présidente du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. 

Même son de cloche, chez le maire socialiste de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael. Dans sa commune, un immeuble d'habitation incendié, et des dizaines de personnes ont été relogées. Lui souhaite une reprise du dialogue dans les quartiers sans excuser les dégradations pour autant. "Une énième concertation sans passer à l'action serait dramatique. J'attends que l'on se mette au travail. Ce travail-là a été parfois sacrifié sur la logique de l'autel budgétaire, notamment la capacité à rester en lien avec des gens qui étaient dans un entre-deux et qui ont basculé. Ce propos d'explication ne vaut pas la légitimation."

Pour l'Élysée, l'enjeu du jour est plutôt symbolique sous les ors du palais présidentiel. "Les recevoir, c'est la première des réponses politiques", assure un conseiller. Une façon aussi pour l'exécutif après une semaine de violences de tourner petit à petit la page de la réponse tout sécuritaire. 

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