Reportage "Chaque jour, c'est pire... On ne sait pas où ça va" : L'Haÿ-les-Roses sous le choc après l’attaque nocturne du domicile du maire

À 1h30 du matin dimanche, plusieurs personnes ont forcé le portail de son domicile à la voiture-bélier, contraignant l’épouse et les deux jeunes enfants du maire Vincent Jeanbrun à prendre la fuite.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Un policier surveille le domicile vandalisé du maire de L'Haÿ-les-Roses Vincent Jeanbrun, le 2 juillet 2023. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Devant la maison du maire de l'Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun, le portail d'entrée blanc est noirci par le feu. La voiture de la famille est en partie abimée. Le véhicule qui a servi de voiture bélier a, lui, été dégagé dans la matinée du 2 juillet. Sur place, les constatations laissent présumer qu'il a été lancé pour brûler le pavillon, précise le procureur, venu constater les dégâts en fin de matinée. Face à cette intrusion ultraviolente, l'épouse du maire a pris la fuite avec ses enfants de 5 et 7 ans par le jardin, à l'arrière de la maison. Elle s'est blessée au tibia en s'enfuyant. Sans doute une fracture, ajoute le procureur. 

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Tout s'est passé vers 1h30 du matin. Pierre habite à quelques centaines de mètres de l'édile et il a été réveillé cette nuit par du bruit. "Je dirais un bruit de mortier d'artifice, avance-t-il. Il y avait des voix de jeunes qui criaient, mais je ne sais pas ce qu'ils disaient...". Ce dimanche matin, Pierre avoue ressentir de "l'inquiétude, parce que ça dégénère complètement". S'attaquer au domicile d'un maire, "c'est très grave. C'est n'importe quoi. Chaque jour, c'est pire. On ne sait pas où ça va".

"Jusqu'où tout cela va aller ?"

Tous les habitants croisés dimanche matin sont abasourdis par cette attaque. La mairie est déjà protégée par des barbelés, Mais s'attaquer au domicile d'un élu, c'est très inquiétant, dit un homme. "Les limites ont été dépassées", selon lui. Une habitante pense, elle, aux enfants, qui seront sans doute traumatisés à vie par cette attaque. "Jusqu'où tout cela va aller ?", s'inquiète-t-elle.

Quelques jours plus tôt, déjà, la mairie de L'Haÿ-les-Roses avait été pris pour cible, dès le début des violences urbaines. Elle avait alors été renforcée par des fils barbelés et des barrières de sécurité pour empêcher les dégradations. Vincent Jeanbrun, qui est aussi porte-parole des Républicains, réclamait aussi depuis plusieurs jours dans les médias la mise en place de l'état d'urgence, mais il n'y avait eu aucune menace particulière à son encontre, selon son entourage.

La Première ministre Élisabeth Borne s’est rendue sur place, avec le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Elle promet que "les coupables seront poursuivis avec la plus grande fermeté". Une enquête pour tentative d’assassinat est ouverte.

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