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Attaque du domicile du maire de L'Haÿ-les-Roses, tensions à Marseille... Le point région par région après cette cinquième nuit de violences urbaines

Comme depuis cinq jours, de nouvelles scènes de violences ont secoué plusieurs villes de France samedi. Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est félicité d'une "nuit plutôt calme grâce à l'action résolue des forces de l'ordre".
Article rédigé par franceinfo
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Des tensions ont eu lieu aux abords des Champs-Elysees, à Paris, samedi 1er juillet 2023. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Dans la nuit de samedi à dimanche, 719 personnes ont été interpellées en France selon le dernier bilan communiqué par le ministère de l'Intérieur, contre près de 1 000 à la même heure hier. Des émeutes urbaines liées à la mort du jeune Nahel, qui a été inhumé hier après-midi dans l'intimité. Ces violences sont en diminution par rapport à la nuit dernière assure le ministère de l'Interieur : 1 311 personnes en tout ont été interpellées dans la nuit de vendredi à samedi en France. Il y a aussi eu 45 policiers et gendarmes blessés dans la nuit de samedi à dimanche, contre 79 la veille.

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Pour la deuxième nuit consécutive, le ministre avait reconduit un dispositif de 45.000 policiers et gendarmes, dont 7.000 à Paris et en proche banlieue, et des renforts conséquents à Marseille et Lyon. Peu d'incidents majeurs ont été constatés dans ces villes. Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est félicité d'une "nuit plutôt calme grâce à l'action résolue des forces de l'ordre".

Postes de police et gendarmeries visés

Sur la France entière, 10 commissariats, 10 casernes de gendarmerie et 6 postes de police municipales ont été attaqués cette nuit : la nuit précédente, le ministère avait recensé 31 attaques de commissariats, 16 attaques de postes de police municipales et 11 casernes de gendarmerie

Il y a également eu 871 incendies sur la voie publique contre 2 560 la nuit de vendredi à samedi, 577 incendies de véhciules contre 1 350 la nuit précédente, et 74 incendies de bâtiment contre 234 la veille.

Sur les 45 000 policiers et gendarmes mobilisés sur la France entière, 48 ont été blessés.

Île-de-France

Le domicile du maire Les Républicains de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Vincent Jeanbrun, a été vandalisé dans la nuit de samedi à dimanche, a appris franceinfo auprès de son entourage. Le maire n'était pas sur place mais son épouse et ses enfants ont été pris pour cible. Une enquête a été ouverte pour tentative d'assassinat par le parquet de Créteil. Pour le moment, aucune interpellation n'a été annoncée dans cette affaire.

Des tensions ont également eu lieu en début de soirée dans les abords des Champs-Elysées : des véhicules des forces de l'ordre s'étaient par exemple positionnés devant certaines vitrines de l'avenue parisienne afin d'éviter des scènes de pillages, après des appels à se rassembler lancés sur les réseaux. Selon un bilan encore provisoire du parquet de Paris, 153 personnes dont 47 mineurs ont été placés en garde à vue, contre 103 samedi à la même heure.

Dans l'Essonne, des policiers ont été la cible de tirs de mortiers d'artifice à Vigneux. 19 personnes ont été interpellées dans le département pour des faits de violences urbaines, un policier a été blessé. La préfecture fait état d'une attaque de commissariat et de postes de police municipale.

Dans les Yvelines, un local associatif a été incendié à Mantes-la-Jolie et un autre à Limay.

En Seine-et-Marne, la préfecture signale des violences, notamment à La-Mée-sur-Marne et à Lognes, mais annonce "une baisse importante d’intensité et du nombre des violences a toutefois été constatée, ainsi qu’une absence de simultanéité des faits." Quatre personnes ont été interpellées dans le département, deux véhicules de police ont été légèrement dégradés . 

Provence-Alpes-Côte d'Azur

Marseille reste l'une des villes les plus touchées par ces émeutes. D'après le dernier bilan de la Préfecture des Bouches-du-Rhône, 65 personnes ont été interpellées et deux policiers ont été blessés, dont un conduit à l'hôpital.

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Les pertes pour les commerçants de la région Aix-Marseille sont estimées par les assureurs "à plus de cent millions d'euros", assure ce dimanche sur franceinfo Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence. Rien qu'à Marseille, ce sont "quasiment 400 commerces" qui ont été vandalisés, selon le président de la CCI Aix-Marseille-Provence, "une partie en centre-ville mais aussi dans des centres commerciaux", estimant que tous les types de magasins sont visés, de l'alimentaire au luxe en passant par les tabacs. 

À Aix-en-Provence, touchée pour la première fois par les violences urbaines cette semaine, la maison de la Justice et du Droit a été incendiée. A Nice  un magasin du carré d'or a été pillé dans la nuit.

Un policier de Nîmes assure avoir retrouvé une balle dans son gilet pare-balle, selon des sources policières à franceinfo. L'agent a été touché dans la nuit de vendredi à samedi, lors d'une intervention sur des violences urbaines dans le quartier Pissevin, explique de son côté le syndicat de police Alliance Gard à France Bleu Gard Lozère. Dans la nuit de vendredi à samedi, trois policiers ont été légèrement blessés en intervention dans le Gard, annonce la préfecture.

Auvergne-Rhône-Alpes

Dans l'agglomération lyonnaise, 34 personnes ont été interpellées, dont 30 à Lyon. La nuit a particulièrement été agitée à Annemasse (Haute-Savoie) et à Romans-sur-Isère (Drôme) où des groupes de jeunes ont fait face aux forces de l'ordre. Plusieurs commerces ont été dégradés.

Bourgogne-France-Comté

Une école a été partiellement incendiée à Dijon, quartier des Grésilles.

Centre-Val de Loire

Le véhicule de fonction du maire de La Riche, près de Tours en Indre-et-Loire, a subi un début d'incendie.

Hauts-de-France

A Tourcoing (Nord), le Raid et des CRS sont intervenus alors qu'au moins une voiture a été incendiée malgré le couvre-feu, décrété dans de nombreuses communes.  

Nouvelle-Aquitaine

A Bressuire, dans les Deux-Sèvres, la brigade de gendarmerie a été la cible de cocktails Molotov. Les départs de feu causés par ces armes incendiaires artisanales ont été rapidement maîtrisés sans entraîner de propagation, selon France Bleu.

Normandie 

A Evreux, face à des incendies de voitures et de poubelles, les forces de l'ordre ont été essuyés des jets de mortiers, de barres de fer et de pierres.

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