Interdiction de la marche pour Adama Traoré : "L'exécutif est en train de mettre la France au ban des démocraties", dénonce Éric Coquerel

Après l'interdiction de la marche dédiée à Adama Traoré, dans le Val-d'Oise, puis à Paris, place de la République, Éric Coquerel, député LFI, évoque sur franceinfo une "provocation". Le député insoumis estime que ce sont des "signaux inquiétants" envoyés par l'exécutif.
Article rédigé par franceinfo
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Eric Coquerel, le député de la France Insoumise, de la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"L'exécutif est en train de mettre la France au ban des démocraties en maniant les interdictions de manifestations sans cesse", dénonce ce samedi sur franceinfo Éric Coquerel, député (LFI) de Seine-Saint-Denis, après la décision du préfet de police de Paris d'interdire le rassemblement dédié à Adama Traoré prévu place de la République ce samedi après-midi à Paris.

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Le député de La France insoumise voit dans l'interdiction de rendre hommage à Adama Traoré, mort en 2016 lors d'une interpellation policière, "des signaux inquiétants". "Si quelques jours après le meurtre du jeune Nahel, les organisations syndicales, associatives, les collectifs des quartiers populaires, le comité Adama, ne peuvent pas appeler à une manifestation, que propose le gouvernement pour que nous soyons capables de réagir en hommage à ceux qui ont été tués, comme Adama Traoré ?", s'interroge Éric Coquerel, qui estime que "c'est une provocation", une façon d'"accentuer les discriminations vis-à-vis des quartiers, vis-à-vis de tous ceux qui luttent contre les violences policières".

Éric Coquerel présent place de la République "de manière pacifique"

"Est-ce qu'on doit empêcher toute manifestation sur ce thème ?", poursuit-il. "C'est le meilleur moyen" selon lui "pour que les gens n'aient plus que la violence pour s'exprimer". Il accuse le gouvernement de "mettre de l'huile sur le feu" en pointant ce qu'il considère comme "un paradoxe", puisqu'un "peu plus de 8 jours après le meurtre de Nahel, tous les gens qui sont pointés du doigt sont ceux qui entendent dire que ce n'est pas normal de tuer un jeune de 17 ans, après plusieurs autres de cette façon-là".

Lui, y sera "de manière totalement pacifique" sur la place de la République à Paris, aux côtés d'Assa Traoré qui appelle à ce rassemblement qui n'a "aucune raison objective" d'être interdit, insiste Eric Coquerel. Pour lui, ce n'est pas donner un mauvais exemple, "au contraire, c'est faire preuve d'attachement à la République, celle à laquelle je tiens et qui promeut l'égalité, la liberté et la fraternité et non pas la répression et la discrimination".

Si le PCF se désolidarise de cette manifestation, c'est que "le Parti communiste est à côté de ce qui est en train de se passer" mais "je sais qu'il y a des communistes qui seront là comme les députés Elsa Faucillon (députée communiste des Hauts-de-Seine) ou Nicolas Sansu (député communiste du Cher) qui ont signé l'appel". Le PCF devrait être "en défense des quartiers populaires vis-à-vis des violences policières que personne ne peut approuver", conclut-il.

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