Accident à Puisseguin : pourquoi Noël Mamère fait un raccourci en accusant la libéralisation des autocars

Le député de la Gironde a questionné la réforme portée par Emmanuel Macron, après une collision meurtrière entre un car et un camion, vendredi. Mais le véhicule transportait un club du 3e âge, tandis que la libéralisation concerne les longues distances.

Le député écologiste Noël Mamère à l\'Assemblée nationale, le 17 décembre 2014.
Le député écologiste Noël Mamère à l'Assemblée nationale, le 17 décembre 2014. (PATRICK KOVARIK / AFP)

Les responsables politiques ont unanimement fait part de leur tristesse, après la mort de 42 personnes, vendredi 23 octobre, dans un accident entre un camion et un car de tourisme à Puisseguin (Gironde). Mais deux d'entre eux se sont déjà interrogés sur les raisons du drame : le député écologiste de Gironde Noël Mamère et le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, ont tous les deux critiqué les mesures encourageant le transport en autocar. Des mesures qui n'ont pourtant pas de lien direct avec l'accident en Gironde.

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Mamère pointe "les choix faits par Monsieur Macron"

"On a les moyens de réduire le transport routier, et on fait le contraire", a déploré Pierre Laurent sur la chaîne Public Sénat. Noël Mamère a lui critiqué le manque d'entretien des routes départementales, et l'absence de travaux sur certains endroits très propices aux accidents. Mais il a aussi, sur RMC, directement mis en cause le ministre de l'Economie, s'interrogeant sur "les choix qui ont été faits par le gouvernement et Monsieur Macron de libéraliser le système des autocars au détriment des trains et des lignes secondaires".

Définitivement adoptée en juillet, dans le cadre de la loi Macron, la libéralisation des autocars vise, effectivement, à encourager le transport routier. Elle autorise des compagnies concurrentes de la SNCF à ouvrir des lignes pour relier des villes de France. Mais cette mesure concerne uniquement des lignes régulières.

Un car qui n'assurait pas une ligne régulière 

Or, le car accidenté à Puisseguin avait été affrété par Le Petit Palaisien, le club du troisième âge de la commune du Petit-Palais-et-Cornemps (Gironde) et des villages environnants. La compagnie de transports propriétaire du car n'assure d'ailleurs pas de lignes régulières, simplement des voyages de tourisme. Une activité qui était déjà autorisée avant la loi Macron.

Ce texte concerne principalement les voyages de longue distance : l'ouverture de lignes de moins de 100 kilomètres dans ce cadre est possible, mais doit être soumise à l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières, créée il y a quelques jours. 

Impossible, donc, d'établir un lien entre l'accident de Puisseguin et la loi Macron, sauf à considérer qu'elle contribue, de manière générale, à populariser les déplacements en car au détriment d'autres moyens de transport. Mais la SNCF ne propose aucune alternative au car pour relier Petit-Palais-et-Cornemps et Arzacq (Pyrénées-Atlantiques), comme devaient le faire les victimes.