Présidentielle : récolter les 500 parrainages s'apparente à une chasse au trésor pour les militants

Pour se présenter à l'élection présidentielle, il est nécessaire de récolter au moins 500 signatures d'élus. Reportage en Mayenne avec une militante La France insoumise qui tente de convaincre les maires locaux de donner leur parrainage à Jean-Luc Mélenchon.

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Radio France
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Marion Détais, militante La France insoumise, devant l'une des mairies visitées dans l'ouest de la Mayenne pour obtenir des parrainages, janvier 2022. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

"On ne prévient pas, on se déplace sur les horaires de mairie", expose Marion Détais, 38 ans. Cette ancienne candidate de La France insoumise aux départementales de 2021 en Mayenne va toquer aux mairies de petites communes dans l'ouest du département. C'est presque du porte-à-porte que font des dizaines de militants. Ils tentent de collecter des parrainages auprès des maires à travers toute la France pour que leur candidat puisse se présenter à la présidentielle. Il faut 500 parrainages d’ici fin mars et il n’y a pas que pour les "petits" candidats que la tâche est rude.

>> Présidentielle 2022 : la règle des 500 parrainages d'élus pour être candidat est-elle "obsolète" ?

La France insoumise ne revendique aujourd’hui qu’un peu plus de 400 promesses. "On essaye d’obtenir le parrainage en insistant que ce n'est pas forcément un soutien à Jean-Luc Mélenchon mais pour garantir la démocratie et la pluralité des élections", développe Marion Détais. Ensuite, c’est au petit bonheur la chance. "Bonjour, je viens voir s'il serait possible de rencontrer le maire pour les parrainages de la présidentielle". Mais en général l'édile n'est pas là, comme à Saint-Cyr-le-Gravelais.

"Du temps et de l'énergie"

Prochaine destination : Beaulieu-sur-Oudon. Mais manque de chance cette fois-ci encore : "On l’a raté à quelques minutes près ? Est-ce qu'il est possible qu’il me rappelle pour qu'on prenne rendez-vous ?" Cette recherche de parrainages s'apparente à une chasse au trésor pour la militante : "Ça demande beaucoup de temps et d'énergie. Des fois, on rentre un peu démoralisé." Et puis soudain, sur le parking de la mairie de Méral, c'est le miracle. Marion Détais rencontre le maire, Richard Chamaret. Il improvise un rendez-vous, tout en gérant les absences "Covid" du personnel à l’école. "C'est moi qui vais faire la cantine ce midi avec les équipes, raconte l'élu local. C’est la vie d’un maire rural."

Marion Détais présente le programme de son candidat : "Parmi les mesures, il y a la cantine bio et gratuite." Mais pour l'édile"rien n'est gratuit, il y a forcément quelqu'un qui paye." Richard Chamaret explique être "content de pouvoir débattre. Il y a de grandes chances que ce ne soit pas forcément M. Mélenchon."  La militante insiste : "C'est surtout le programme qu'il faut regarder, pas l'homme."

"Je ne suis pas d'une obédience très à gauche mais plutôt d'une sensibilité de droite assez modérée, concède le maire. Mais dans une démocratie, on a besoin de l'ensemble des idées. Je ne suis pas arrêté sur un parrainage." Fin de l'entrevue, la militante ressort revigorée par l'échange : "C'est cool, même si on n'a pas le parrainage, c'était, je crois, constructif !" Et la voilà repartie défendre la démocratie, sur les petites routes de Mayenne.

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