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Présidentielle 2022 : la reconnaissance du vote blanc, une demande récurrente pour "changer les choses"

Un peu plus de 6% des électeurs ont voté blanc au second tour de l'élection présidentielle. Si ce vote est comptabilisé mais pas reconnu, ses partisans ne baissent pas les bras pour autant.  

Article rédigé par Benjamin Illy
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Un affichage libre à Montpellier (Hérault) incite à voter blanc, le 24 avril 2022. (JEAN-MARC LALLEMAND / MAXPPP)

Que l'enveloppe soit vide ou le bulletin vierge, le message est le même pour les électeurs qui ont voté blanc lors de l'élection présidentielle. "Ni l'un ni l'autre ne nous convient", résume Claudia, 22 ans. "Je ne voulais pas voter pour l'un afin de faire barrage à l'autre", assume l'étudiante. "Cela traduit le refus des gens de ce système qui nous oblige à voter contre Marine [Le Pen] et pour [Emmanuel] Macron", complète un autre, retraité de 73 ans qui ne veut plus voter contre un candidat. Comme ces deux électeurs, plus de 2,2 millions de personnes ont voté blanc lors du second tour du scrutin, soit 6,35% des votants, ce qui marque un recul de deux points par rapport à 2017. Depuis une loi de 2014, les votes blancs sont décomptés et annexés au procès verbal mais ils ne sont pas comptabilisés dans le résultat final. Lors du grand débat national, Emmanuel Macron s'était d'ailleurs prononcé contre. Malgré tout, les partisans du vote blanc ne désarment pas. 

>> "La présidentielle est annulée" : et si une réelle prise en compte du vote blanc changeait le cours de l'élection ?

"Je trouve ça inadmissible qu'on ne prenne pas en compte le vote blanc", s'agace Sabrina, 52 ans. Elle demande donc à Emmanuel Macron "qu'il le considère et le comptabilise". Florian Demmel, porte-parole du Parti du vote blanc, abonde : "Les personnes qui ont voté blanc ont vu leur bulletin jeté à la poubelle." Si ses partisans sont si attachés à sa reconnaissance, c'est parce qu'ils attribuent au vote blanc un caractère protestataire mais démocratique. 

"Au moins, on fait le déplacement et l'effort. Ça montre qu'on se sent concerné"

Claudia, étudiante de 22 ans

à franceinfo

Ce mode d'expression doit donc être pris en compte car, selon elle, il pourrait modifier l'offre politique. "Si tout le monde se met ne serait-ce qu'à faire un vote blanc au lieu de s'abstenir, peut-être que ça changera les choses, à force."

Certains défendent une reconnaissance non-automatique

Malgré tout, le vote blanc ne doit pas devenir l'alpha et l'omega des scrutins, d'après ses défenseurs. Le Parti du vote blanc, par exemple, ne demande pas sa reconnaissance au second tour de l'élection présidentielle. "La constitution impose le fait qu'il n'y ait que deux candidats. Or, les perdants du premier tour se réfugieraient derrière ce vote blanc pour bloquer l'élection", explique Florian Demmel.

Le vote blanc serait pourtant, d'après lui, une bonne option au premier tour. "Nous sommes pour qu'un vote blanc majoritaire dès le premier tour invalide le scrutin. L'ensemble des candidats présents au premier tour ne pourraient plus se représenter." Une proposition qui figurait notamment dans le programme de Nicolas Dupont-Aignan. Anne Hidalgo, Jean Lassalle et Jean-Luc Mélenchon faisaient, eux, aussi, des propositions sur le vote blanc. Emmanuel Macron, dans la campagne, a dit qu'il n'était pas fermé au débat. Il était plus lapidaire, en 2019 : "Blanc, ça ne décide pas. J'ai été tenté parc ette option, j'y ai beaucoup réfléchi. Et je ne la retiendrai pas."

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