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Emmanuel Macron s'apprête-t-il à déclarer sa candidature à la présidentielle ?

Le ministre de l'Économie dément avoir levé des fonds pour financer une éventuelle campagne présidentielle. Il réaffirme aussi qu'il ne se déclarera pas candidat en juin, contrairement à ce qu'assure Mediapart. 

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France Télévisions
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Emmanuel Macron, à la sortie de l'Elysée, le 4 mai 2016.  (YANN BOHAC / CITIZENSIDE / AFP)

La présidentielle est déjà dans toutes les têtes, et l'hypothèse d'une candidature d'Emmanuel Macron fait l'objet de plus en plus de spéculations. Mercredi 11 mai, Mediapart (article abonnés) a assuré que le ministre de l'Economie, qui a fondé le mouvement En marche !, était "prêt à déclarer sa candidature à l'élection présidentielle de 2017". Une information démentie depuis par son entourage.

Une annonce de candidature le 10 juin ? 

"Son plan de route est maintenant calé", écrit Mediapart dans cet article. Après avoir rendu hommage le 8 mai à Jeanne d'Arc, à Orléans, avec un discours parsemé d'allusions à sa propre trajectoire politique, Emmanuel Macron "a décidé de faire un pas de plus et d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle. Il a même arrêté une date : ce pourrait être le 10 juin prochain", poursuit Mediapart. 

Le site d'information précise que "François Hollande serait dans la confidence, mais ne s'inquiéterait pas de cette annonce". Mediapart évoque un "subterfuge convenu" entre Emmanuel Macron et François Hollande, le premier annonçant "à l'horizon de février 2017 qu'il pourrait, s'il était éliminé au premier tour, se rallier à François Hollande, si ce dernier accédait au second". Un pari "hautement périlleux" pour le président de la République. 

Dans la soirée, l'entourage du ministre de l'Economie "dément formellement l'ensemble de l'article" auprès de l'AFP. "Tout ça n'a pas de sens (...). Tout ça n'existe pas", renchérit Pascal Terrasse, député PS de l'Ardèche, proche d'Emmanuel Macron. Jeudi, Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, ne mâche pas ses mots. Interrogé sur l'article de Mediapart, le porte-parole du gouvernement lâche : "J'espère que c'est un canular !"

Le Foll "espère" que la possible candidature de Macron est un "canular"
EUROPE 1

Une levée de fonds pour financer sa candidature ?

Malgré ce démenti, BFMTV révèle jeudi un mail envoyé par un proche d'Emmanuel Macron, invitant à deux soirées de levées de fonds, et indiquant qu'il faut "18 millions d'euros pour financer une campagne présidentielle en France"Résultat : Emmanuel Macron sort de son silence, en marge d'un colloque à Bercy sur le Réseau Entreprendre. "Ces deux éléments [une annonce de candidature et une levée de fonds pour financer une éventuelle campagne] sont totalement faux. Je ne vais pas me déclarer le mois prochain et je n'ai pas levé 12 millions à Londres (...). Je n'ai pas fait de levée de fonds à cet égard", assure le ministre à la presse. 

Début mai, Paris Match avait assuré que lors d'un déplacement à Londres, le ministre de l'Economie "aurait levé près de 10 millions de livres sterling (environ 12,75 millions d'euros)" pour "mener campagne s'il décidait de se lancer". Le service de presse du mouvement En marche ! avait alors démenti, précisant qu'il y avait peut-être eu des dons de la part des personnes rencontrées, mais pas pour un tel montant.

"Il n'y a eu aucune levée de fonds effectuée par mes soins, avec des chiffres totalement fantaisistes", a redit Emmanuel Macron. "Je ne vais rien faire au mois de juin, si ce n'est mon métier de ministre", a-t-il assuré, sans renier sa volonté de "refonder l'offre politique" et ironisant sur "les états d'âme du microcosme".

Pourtant, le 10 avril, le ministre avait lui-même déclaré au JDD qu'il procéderait, "comme tous les partis, à un appel aux dons""Il s'agira d'un temps privé, en dehors de tout moyen de l'État. Aujourd'hui, je lance un mouvement qui n'a aucune subvention. Tout est à inventer", avait-il dit. Un discours repris jeudi 12 mai par l'équipe d'En marche !, interrogée par Le Point : "Nous assumons de lever des fonds. Nous sommes un nouveau mouvement, nous ne recevons pas de subventions publiques, pas de cotisations d'élus, nous devons rechercher des financements. On en a besoin pour exister, tout simplement." 

Interrogé mardi 10 mai à l'Assemblée nationale sur ce sujet, Manuel  Valls a assuré : "Il n’y a eu aucune levée de fonds particulière pour je ne sais quelle association". Pas de quoi convaincre Georges Fenech, député Les Républicains. Jeudi, dans L'Express, il dit s'interroger "sur les éventuels conflits d'intérêts qui surgiraient dès lors qu'un ministre de l'Economie cherche à lever des fonds auprès de chefs d'entreprise pour son mouvement". Il compte saisir la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. 

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