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Résultats des élections municipales 2020 à Marseille : Michèle Rubirola crée la surprise, au coude-à-coude avec Martine Vassal

Michèle Rubirola, à la tête d'une liste d'union de gauche arrive en tête du premier tour des élections municipales avec 23,44% des voix, devant Martine Vassal (LR), l'héritière de Jean-Claude Gaudin, et Stéphane Ravier (RN), selon les estimations d'Ipsos/Sopra Steria disponibles lundi matin. 

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France Télévisions
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La candidate d'union de la gauche aux élections municipales, Michèle Rubirola, le 7 mars 2020 à Marseille. (PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Rien n'est encore joué à Marseille, mais la gauche crée d'ores et déjà la surprise. La candidate du Printemps marseillais (union de la gauche), Michèle Rubirola, arrive en tête du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars, avec 23,44% des voix sur l'ensemble de la ville, selon notre estimation Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et les chaînes parlementaires. Elle devance les listes de la candidate des Républicains, Martine Vassal (22,32%), et celles du Rassemblement national de Stéphane Ravier (19,45%).

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L'ex-LR Bruno Gilles, parti en dissidence, obtient 10,65% des voix, tandis que les écologistes d'EELV, qui ont présenté des listes autonomes sous la houlette de Sébastien Barles recueillent 8,94% des voix, tandis que l'ancienne socialiste Samia Ghali émarge à 6,47%. Le scrutin tourne à la catastrophe pour le candidat LREM Yvon Berland (7,88%), dont la plupart des listes d'arrondissements ne pourront pas se maintenir au second tour. 

Une estimation à prendre avec prudence, car d'autres instituts placent Martine Vassal très légèrement en tête devant Michèle Rubirola. En outre, ces scores globaux ne tiennent pour le moment pas compte des rapports de force à l'intérieur de chacun des huit secteurs électoraux qui composent Marseille. Or, ce sont bien ces derniers qui détermineront les stratégies d'alliances en vue du second tour.

Des alliances cruciales en vue du second tour

Pour Martine Vassal, "héritière" désignée du maire sortant, qui était donnée largement en tête des sondages pendant la campagne, ce premier tour sonne comme un échec. Si elle veut conserver une chance de s'installer à l'hôtel de ville, elle devra impérativement rallier à sa cause le dissident Bruno Gilles. Ce dernier pourrait rester maître dans son fief du 3e secteur (4e et 5e arrondissements), à moins qu'il ne soit devancé par Michèle Rubirola, comme le suggèrent des résultats partiels. Le Rassemblement national, qui caressait l'ambition de s'imposer dans plusieurs secteurs, ne semble pas en mesure d'en gagner d'autres que le 7e (13e et 14e arrondissements), conquis en 2014.

Au vu de ces résultats, la gauche dispose d'une chance historique de renouer avec la victoire, après vingt-cinq ans de règne de Jean-Claude Gaudin. Pour cela, elle devra impérativement s'unir. Les premières déclarations à l'issue de ce premier tour laissent imaginer une alliance entre Michèle Rubirola et Sébastien Barles. "Il y a vraiment une possibilité de gagner la ville autour d'une alliance anti-système, une alliance qui va permettre d'ouvrir un nouveau récit pour Marseille", a réagi le candidat écologiste. Reste également à savoir quelle sera l'attitude de l'ex-socialiste Samia Ghali, en tête dans le 8e secteur (15e et 16e arrondissements) selon des résultats partiels.

Des irrégularités dénoncées par plusieurs candidats

Outre l'actualité liée au coronavirus, la fin de campagne et les opérations de vote ont été particulièrement perturbées à Marseille. Le débat qui devait se tenir le 11 mars sur France 3 a été annulé après une grève de syndicats de journalistes s'opposant à la présence sur le plateau de Franz-Olivier Giesbert, directeur éditorial du journal La Provence, qu'ils accusent de partialité en faveur de Martine Vassal.

Dans la dernière ligne droite, le ton est également monté entre Martine Vassal et Michèle Rubirola, la première accusant la seconde d'avoir fait campagne alors qu'elle se trouvait en arrêt maladie. Les deux candidates ont réciproquement annoncé le dépôt d'une plainte l'une contre l'autre.

Trois jours avant le scrutin, plusieurs candidats se sont par ailleurs inquiétés auprès du préfet d'un risque de "fraude" dans certains secteurs. Samedi, une cyberattaque contre les serveurs de la ville de Marseille et de la métropole Aix-Marseille-Provence a empêché la constitution de listes d'émargements et de procurations qui ont dû, en conséquence, être réalisées à la main. Tout au long de la journée de dimanche, la plupart des adversaires de Martine Vassal ont dénoncé des irrégularités ayant eu lieu, selon eux, dans plusieurs bureaux de la ville. Dans l'un des bureaux, des hommes cagoulés munis d'armes factices ont même tenté de voler une urne.

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