En Vendée, un maire peine à trouver un successeur

Michel Tapon, 71 ans, maire de Sérigné, espère bien pouvoir raccrocher après deux mandats. Mais pour l'heure, personne n'est candidat à la succession. Sans candidat, la commune sera mise sous tutelle.

Michel Tapon (à droite), le maire de Sérigné, le 12 octobre 2015.
Michel Tapon (à droite), le maire de Sérigné, le 12 octobre 2015. (BABIN B?ATRICE / MAXPPP)

Mardi 31 décembre au soir, Emmanuel Macron n'a pas tari d'éloges envers les maires de France qualifiés de "piliers de la République". Pourtant, dans certaines communes, les candidats ne se bousculent pas, comme à Sérigné en Vendée où le maire, Michel Tapon, se cherche un successeur.  

Agé de 71 ans, Michel Tapon a déjà exercé deux mandats et ne se voit pas ajouter encore six années au service de cette commune de 974 habitants. D'autant plus qu'il est aussi président de la communauté de communes du Pays de Fontenay-Vendée à Fontenay-le-Comte qui regroupe 26 communes et 36 000 habitants. "Ça fait quand même une certaine lassitude", avoue le septuagénaire.

Disponibilité et "engueulades"

Michel Tapon est sensible au compliment du président mais précise que les maires sont surtout "à portée d'engueulades". "Le plus compliqué, dit-il, c'est la grande disponibilité qu'il faut y consacrer, qui est difficilement compatible avec une vie professionnelle active, voire avec la vie familiale tout court, puisque de nombreuses réunions ont lieu même tard en soirée", et tout ça pour "1 000 euros par mois d'indemnités". Il y a peu de candidats car, explique Michel Tapon "effectivement, il y a un savoir-faire face aux incivilités, mais aussi une stigmatisation qui a été faite sur les responsabilités de l'élu. Malheureusement, ça peut être dramatique quand je pense à Jean-Mathieu Michel, [le maire de Signes, mort renversé par un de ses administrés]."

Si personne n'est candidat, il se dévouera sans doute

Michel Tapon espère pourtant passer la main en mars prochain. Il a envoyé une lettre aux habitants. Mais si certains veulent bien être conseillers municipaux, aucun ne veut être tête de liste. "Les responsabilités réelles de l'élu, gérer les conflits de voisinage dans une société de plus en plus individualiste, la recherche de responsabilités en cas d'accident… Autant d'éléments qui reviennent sans cesse" et qui découragent les candidats, explique le maire.

Résultat, si personne n'est candidat, le préfet demandera d'autres élections et s'il n'y en a toujours pas, il prendra une décision. "Souvent, c'est marier la commune, fusionner la commune avec une commune voisine", explique Michel Tapon. Une perspective qu'il dit "très mal" vivre. "Je n'entends pas laisser les clés de la mairie aux services de l'État", convient-il, prêt, s'il le faut, à exercer une troisième mandat, "le mandat par défaut", précise-t-il.