Départementales : après la défaite de son épouse, un médecin met la clé sous la porte

Selon des patients, il menaçait de fermer son cabinet pour inciter ses patients et collègues à voter pour son épouse. 

A Riom-ès-Montagne (Cantal), un médecin a fermé son cabinet au lendemain de la défaite de son épouse aux élections départementales, lundi 30 mars 2015. 
A Riom-ès-Montagne (Cantal), un médecin a fermé son cabinet au lendemain de la défaite de son épouse aux élections départementales, lundi 30 mars 2015.  ( GOOGLE MAPS / FRANCETV INFO )

Il avait prévenu ses patients : si sa femme, candidate aux départementales, n’était pas élue, il fermait son cabinet. Depuis lundi 30 mars, un médecin de Riom-ès-Montagne (Cantal) a mis la clé sous la porte, en réaction à la défaite électorale de son épouse, a rapporté mercredi 1er avril France Bleu Pays d'Auvergne.

"Il nous disait qu’il fallait voter pour sa femme, la semaine qui a suivi le premier tour, le docteur a redoublé d’efforts, allant jusqu’à menacer, faire du chantage à des patients, apparemment également à ses collègues, en disant que si sa femme n'était pas élue, il arrêtait", a témoigné une patiente, citée par la radio.

"Je croyais que c'était du bluff"

Le lendemain du second tour, le médecin a mis sa menace à exécution, prenant ainsi sa retraite trois mois plus tôt que prévu. Le maire de la commune, en proie à la désertification médicale, s'est désolé de cette décision : "Je croyais que c'était un coup de bluff, a confié François Boisset à France Bleu Pays d'Auvergne. Les personnes ne comprennent pas que, du jour au lendemain, ils n'aient plus leur médecin."

Depuis un départ à la retraite, il n'y avait plus que trois médecins pour intervenir auprès des habitants d’une cinquantaine de communes, explique la radio. "La maison médicale doit en principe accueillir un médecin roumain dans le courant du mois, le départ du docteur Robert ne va donc pas faciliter la tâche des élus qui gèrent la présence médicale sur le territoire", conclut France Bleu. 

Mais vendredi, le médecin a fini par réagir à cette information de France Bleu Pays d'Auvergne en expliquant au journal La Montagne qu'il n'avait jamais menacé personne : "Quand les patients évoquaient au cabinet les élections, je leur répondais : 'J'espère que ça va bien se passer et c'est tout'." Il justifie la fermeture de son cabinet pour des raisons "d'épuisement professionnel" et annonce via son avocat qu'il va porter plainte contre la station.